Déclaration Préliminaire à la Conférence de Presse du 4 avril 2012

Le MP 22 a animé ce mercredi matin à la Maison de la Presse une conférence de presse pour donner sa position sur l’embargo décrété par la CEDEAO contre le Mali. Au cours de la conférence de presse, d’autres questions ont été abordées par les animateurs du MP 22 qui étaient face à une quarantaine de journalistes nationaux de la presse écrite et parlée, publique et privée. Il s’agissait entre autres de la Convention Nationale annoncée par le Président du CNRDRE le Capitaine Amadou Aya Sanogo, de la rébellion dans le Nord du Mali…

Les Professeurs Rokia Sanogo, Dialla Konaté, Mohamed Tabouré, Maitre Mariam Diawara et Perignama Sylla ont tenu durant deux heures à donner des explications sur les raisons profondes de cet acharnement de la CEDEAO qui a déclaré la guerre au Mali sous la pression de la France dont le Ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé était venu expressément à Dakar en marge des cérémonies d’investiture du nouveau Président du Sénégal Macky Sall. La France a imposé un schéma néocolonial de sortie de crise aux maliens qui privilégie l’arrivée au pouvoir du Président de l’Assemblée Nationale, la tenue de l’élection présidentielle au détriment de la lutte des maliens pour recouvrer leur intégrité territoriale et restaurer la quiétude et la sécurité dans les villes de Kidal, Gao, Tomboctou ainsi que les localités de Bourem, d’Ansongo occupées par les bandes rebelles d’Ançar Dine, du MNLA, d’AQMI. Son cheval de Troie dans ce projet funeste est incontestablement le Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara qui applique avec un zèle outré les ordres de Paris.
Au cours de cette conférence de presse, des contributions d’autres dirigeants membres de la Coordination du MP 22 notamment Cheick Oumar Sissoko Président du Parti SADI ont été faites.
Nous vous donnons en intégralité le contenu de la déclaration liminaire du MP 22 lue par Mohamed Tabouré…

Face aux premières menaces  » d’embargo politique, économique et financier » de la CEDEAO, le capitaine Amadou Aya SANOGO, Président du CNRDRE a concédé le 1er avril 2012 son engagement au  » retour à la constitution du 25 février 1992 et aux institutions républicaines ». En accord avec le médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré, le capitaine SANOGO a assorti ce retour de la tenue d’une  » Convention nationale des forces vives » du Mali qui, dans les conditions de la « crise multidimensionnelle », pour ne pas dire du chaos créeé et organisé par le régime d’ATT, pourrait déterminer une bonne transition.

Le MP22 regrette tout d’abord cette concession de taille faite par le capitaine SANOGO, sans consulter les forces démocratiques qui soutiennent le CNRDRE. Car, de l’avis du MP22, non seulement les institutions du Mali n’avaient plus rien de démocratique et républicain, mais le retour sur leur dissolution issue du sursaut salutaire du 22 mars est un recul qui pourrait créer des conditions de lutte plus défavorables pour le peuple malien.

En effet la dissolution des institutions monarchiques corrompues du régime ATT, doublée de l’acte constitutionnel fondamental du CNRDRE et de l’appui sur la création et l’implantation dans tout le Mali d’organismes populaires comme le Mouvement Populaire du 22 mars ou la Convergence Patriotique pour la Défense du Mali (entre autres et sans exlusives aucune) constituaient les leviers nécessaires et optima du changement, leviers qui de notre point de vue sont le gage certain de transformations démocratiques les plus profondes dans la voie du redressement.

Néanmoins, le MP22, prenant acte de la déclaration du 1er avril, constate que ce recul n’a non seulement pas réussi à desserrer l’étau de la CEDEAO, mais a au contraire accru l’arrogance des impérialistes français et occidentaux. Alain Juppé se montre à nouveau comme le porte-parole de ces milieux politiques et diplomatiques qui , s’abritant derrière leur homme de paille, Alassane Dramane Ouattara , ont littéralement désavoué à Dakar le 2 avril le médiateur Blaise Compaoré.
En conséquence ils ont proclamé  » l’embargo total » contre le CNRDRE et le Mali et « la mise en place immédiate de la force militaire d’attente de la CEDEAO » (estimée entre 2000 et 3000 hommes)

Comment Alassane Dramane Ouattara, ennemi juré du peuple ivoirien et des peuples africains, installé par les bombes de Sarkozy prétend-t-il donner des lecons de démocratie au Mali ?
Comment peut-il oser soutenir que (nous citons)  » la situation au Mali est très grave, c’est un coup contre la démocratie et une atteinte à l’intégrité territoriale du Mali »?
Comment peut -il exiger que (nous citons)  » la junte se mette à l’écart et transmette le pouvoir aux autorités constitutionnelles reconnues » ?

Le MP22 dénonce avec la dernière énergie les prétentions d’Alain Juppé et Alassane Dramane Ouattara à nier le droit à l’autodétermination du peuple malien. On se demande d’abord à quel titre Alain Juppé se mêle des affaires de la CEDEAO ?

Le MP22 réaffirme ensuite que le coup d’Etat du 22 mars n’a rien à voir avec « un coup contre la démocratie », démocratie qui n’existait que de nom et pour la facade !
Le 22 mars est, à ce titre indéniable, un sursaut démocratique des forces armées et de sécurité. Ce sursaut salué par l’immense majorité du peuple a réuni des millions de manifestants favorables au changement à Bamako, Ségou, Sikasso, Bougouni, Kita, Gao, Kayes ainsi qu’à Paris, Kumasi ( au coeur d’Abidjan), Bouaké de même qu’au Niger et au Burkina.

En définitive, le peuple malien a décidé de son propre sort et l’a proclamé. Il n’appartient à aucun homme des français et des américains, fut-il Alassane Dramane Ouattara de lui dénier ce droit !

Le MP22 appelle par conséquent le capitaine Amadou Haya SANOGO et le CNRDRE à demeurer ferme et à désormais rejeter entièrement les diktats des impérialistes français et occidentaux.

Quant à « l’atteinte à l’intégrité territoriale du Mali » dont parle la CEDEAO, elle ne dit pas que cette atteinte est justement le fait des mêmes impérialistes français européens et nord-américains de l’OTAN. Ce sont eux qui ont provoqué et organisé cette invasion et cette agression contre le Mali en détruisant la Libye et en manipulant les rebelles et autres intégristes terroristes. De grâce, que ces messieurs arrêtent de verser des larmes de crocodiles et jouer les sauveurs ! L’intervention de la CEDEAO sera une occupation militaire étrangère du Mali qui ne peut apporter que nouvelles « atteintes à l’intégrité » du Mali.

Le MP22 proclame sa conviction que l’UEMOA, comme la CEDEAO et l’Union Africaine, sont pour l’instant principalement des instruments de la mondialisation impérialiste et des paravents de la France, des Etats-unis et de l’union européenne. Ils ne sont pas de véritables outils de l’intégration africaine.

Sinon qu’on nous explique pourquoi les coup d’Etat de la Guinée en 2009, de la Mauritanie en 2010, du Niger en 2011, n’ont fait l’objet d’aucune ingérence et embargo et pourquoi à l’inverse , cet acharnement « total » contre le Mali de 2012 ?

La vérité est que les apprentis sorciers de la France les USA et ‘UE ont conclu en Libye un accord avec les libyo-maliens qu’ils ont exfiltré et dirigé sur le Mali, aux fins de régler sur ce vaste territoire leurs projets de non seulement d’obtenir des bases militaires (Tessalit, Taoudenit et Tinzawaten) mais aussi de main mise sur les immenses ressources en pétrole, bauxite, uranimu, manganèse etc…

il doit être encore plus clair que le MNLA qui se dit indépendantiste est encore plus servile envers la France et l’occident que l’infame ATT déchu qui, tout en cédant tout aux USA refusait à la France les bases aériennes et terrestres.

Ce n’est pas un hasard si la France a été la première à applaudir aux « succès militaires touareg ». Ce n’est pas un hasard si elle est aujourd’hui la première à proclamer qu’elle n’interviendra pas au Mali ? Qui d’ailleurs le lui a demandé ?
Ce n’est pas non plus un hasard si la France s’affaire à obtenir « rapidement » on ne sait quelle déclaration ou mandat de l’ONU sur la situation au Mali. Tout comme ce n’est pas un hasard si les Etats-unis quant à eux demandent aux rebelles du MNLA et aux intégristes d’Ançar Dine d’arrêter leur progression après les dernières prises de villes et localités.

Le fait est que l’embargo total des Etats voisins de la CEDAO n’a aucun fondement légal tant au niveau africain qu’international.

Notre soeur et camarade Me Mariam Diawara vous a entretenu tout à l’heure des aspects juridiques de ces sanctions et de la violation systématique par la CEDEAO de ses propres règles et procédures.

L’UA a semble-t-il enterriné les sanctions et s’est alignée sur la CEDEAO et les occidentaux. Mais tout ce qu’elle réussit à prouver c’est qu’elle marche à la solde des impérialistes et contre le droit des maliens de décider de leur sort !

La France a beau s’agiter à l’ONU, il n’ y a aucune légalité internationale de l’embargo de la CEDEAO et ses préparatifs d’intervention ? C’est la politique du fait accompli, de la charrue avant les boeufs, de l’illégalité totale militant contre la charte de l’ONU elle-même .

Quant à Ouattara, disons qu’il ne représente que lui-même et pas la CEDEAO. Ouattara, précisons- le, avait commencé à fermer les frontières et appliquer les sanctions d’embargo avant même leur adoption au sommet d’Abidjan. C’est dire que l’acharnement d’ADO-Juppé n’est rien d’autre que l’expression de la volonté de la France de punir le peuple malien.

Le MP22 estime qu’en tout état de cause, le peuple malien est aujourd’hui dans son droit le plus légitime d’exercer son droit absolu à l’autodétermination en s’affranchissant complètement de toutes les contraintes impérialistes véhiculées tant par la CEDEAO que l’UEMOA.

Si Ouattara et Juppé veulent asphyxier le peuple malien en confisquant ces avoirs à la B.C.E.A.O et en fermant les frontières pour bloquer l’approvisionnement, le monde entier devra reconnaître à notre peuple le droit inaliénable de confisquer à notre tour tous les avoirs français et des pouvoirs ouest-africians au Mali (banques et entreprises industrielles commerciales, agricoles et financières). C’est le droit le plus absolu pour notre peuple de riposter à l’agression illégale et arbitraire en sortant du franc cfa et de la francophonie.

Le MP22 est conscient qu’Alassane Dramane Ouattara agissant non pour la démocratie, mais pour les puissances occidentales, espère effrayer la population malienne en agitant le spectre de la pénurie et de l’étranglement.

Le MP22 affirme qu’il s’agit d’une sérieuse épreuve à ne pas sous estimer.

Toutefois il nous faut affronter cette épreuve avec lucidité et organisation en évitant la panique .

Dans le même temps notre peuple doit se convaincre que la victoire est certaine pour repousser vigoureusement l’embargo et l’anéantir si le CNRDRE se montre inflexible dans la résistance et que le peuple se mobilise pour le soutenr. Pourquoi ?
Parce qu’un peuple debout et uni pour défendre sa patrie ne sera jamais vaincu ni politiquement ni sur le plans économiques et militaires !

A BAS LA CEDEAO ET L’UEMOA !
VIVE le CNRDRE !
VIVE la CONVENTION NATIONALE !
IL FAUT ARRETER TOUS LES RECULS ET REPLIS STRATEGIQUES !
VIVE LA RESISTANCE NATIONALE IMMEDIATE ET SOUTENUE !

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Le 15 septembre 2015, une quarantaine de Kamerunais se sont retrouvés au palais des Sports de Yaoundé pour un séminaire sur le thème «la gouvernance électorale et l’alternance démocratique », à l’initiative de l’ONG DYNAMIQUE CITOYENNE et pour la commémoration de la journée internationale de la démocratie.

Alors que le séminaire, dûment déclaré comme le stipule la loi, se déroulait sans incident, après des intimidations successives et infructueuses des gendarmes puis des policiers, le Sous-Préfet de Yaoundé 1er, accompagné d’une escouade d’éléments des forces de l’ordre, a fait irruption dans la salle et intimé aux participants, l’ordre d’arrêter leurs travaux et de quitter les lieux, contre toute base légale.

Devant le refus justifié des participants d’obtempérer à cette injonction arbitraire, le Sous-Préfet et ses hommes en tenue ont fait évacuer la salle de force, avec brutalité, en molestant, en giflant et en frappant sauvagement les participants, leur portant physiquement et psychologiquement atteinte.

Par la suite, six personnes ont été arrêtées et conduites dans les locaux de la GMI à Yaoundé où elles restent jusqu’à la publication du présent communiqué, le 18/09, toujours détenues. Il s’agit de : M. Jean-Marc BIKOKO (le point focal national de Dynamique Citoyenne, Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public), Agnès Adélaïde METOUGOU, BIKOKO Le juste, Jessie BIKOKO, NDJALLA EPANGUE Yves et FOGNO FOTSO François. D’autres sont sous le coup de menaces d’arrestation.

Devant une telle barbarie et devant les atteintes répétitives et de plus en plus graves du régime RDPC et alliés de M. Paul Biya contre les droits humains élémentaires,

Nous militants de l’UPC en Europe,
– protestons vigoureusement contre ce déni des droits de l’homme et de démocratie.
– exigeons la libération immédiate et sans condition de nos compatriotes détenus arbitrairement depuis le 15 septembre et qui n’ont violé aucune loi.
Nous en profitons pour attirer l’attention de nos compatriotes et des amis du Kamerun sur la leçon à retenir de cet épisode inacceptable parmi bien d’autres :

Le régime en fin de règne à Yaoundé ne tolère aucune voix qui ne lui soit pas docile. Toute personne, organisation politique ou de la société civile qui ose déclarer ce qui ne plaît pas à ce régime est arbitrairement et sauvagement réprimée avec la plus grande brutalité.

Nous appelons donc tous nos compatriotes à se battre pour la cause commune que sont le respect des droits de l’homme et la conquête des véritables libertés démocratiques, et ceci au-delà de toute divergence idéologique.

Seule la vigilance, l’engagement ferme, sans faux fuyant ni complaisance contre ces exactions répétées du régime nous conduira à imposer un contexte véritablement démocratique au Kamerun.

Les droits humains et la démocratie n’appartiennent ni au Nord, ni au Sud, ni à l’Est ni à l’Ouest. Ils ne sont ni de l’UPC, ni du SDF, ni du Manidem, ni du CPP, etc.
Ils appartiennent à tous et sont de tous.

Neuf Kamerunais sur dix, toutes régions confondues, sont en permanence victimes des violations de droits humains. A chaque fois qu’un de nos compatriotes quel qu’il soit, sera victime de l’arbitraire, nous devons tous protester et condamner cela avec une extrême vigueur.

En dénonçant chaque cas de violation de nos droits, nous contribuons, chaque jour qui passe, à l’avancée des idéaux démocratiques. 

Le 18 septembre 2015.

Pour les Upécistes d’Europe.
Les Membres du Bureau du Comité Directeur en Europe

René EMEH ELONG
Augusta EPANYA
Moïse ESSOH
Siméon NGIMBOUS BATJOM
Samuel NJUFOM


Accaparement des terres
Le réseau de communication Kayira, en collaboration avec la Fondation Rosa Luxemburg, a tenu du 14 au 16 août 2015 la 4ème édition des assises de la Gauche malienne. Ces assises ont regroupé les organisations paysannes et certains syndicats. Le thème était : « Les organisations paysannes, les partis et mouvements de Gauche du Mali : quelles perspectives dans un contexte d’accaparement des terres par la bourgeoisie nationale et l’impérialisme ? »
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Un spectre hante l’Europe – le spectre de la démocratie. Toutes les puissances de la vieille Europe ont conclu une sainte alliance pour exorciser ce spectre: les banquiers parrainés par les États et l’Eurogroupe, la Troïka et le Dr Schäuble, les héritiers de l’héritage politique de Franco, le leadership berlinois du SPD, les gouvernements baltes qui ont soumis leurs populations à une récession terrible et inutile, et l’oligarchie grecque en résurgence. Lire la suite de cette entrée »


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