Une situation politique incertaine dans un contexte geostrategique marque par les convoitises des grandes puissances (Partie IV)

  1.  Industrie du rapt, passe-droits et  corruption  sur fond de rivalité et de compétition féroce entre les multinationales occidentales et la Chine.

Un autre phénomène  a pris de l’ampleur au Mali à côté de ce trafic de drogue : Ce sont les prises d’otage. Le Mali est  un véritable sanctuaire pour les preneurs d’otage. Une industrie du rapt s’est développée. Le régime d’Amadou Toumani Touré en n’a largement profité. L’ancienne Ambassadrice des Etats-Unis au Mali, par ailleurs chargée des Affaires Africaines au Département d’Etat a levé un coin de voile sur cette industrie des enlèvements et les connections entre les preneurs d’otage et les dirigeants au sommet de l’Etat malien. Mme Vicki Huddleston a révélé sur I télé (une chaîne de télévision française), que la France a payé 17 millions de dollars Us en 2010 pour libérer des français pris en otage dans une mine d’uranium au Niger et qu’entre 2004 et 2011, plusieurs pays européens auraient versé 89 millions de dollars Us pour obtenir des libérations d’otage.

Concernant les prises d’otage, la presse française a révélé que des liasses de billet qui ont servi à payer les rançons aux ravisseurs qui détenaient des ressortissants occidentaux dans le Nord du Mali, avaient été retrouvées entre les mains de l’épouse9  de l’ancien Président du Mali venue faire du shoping à Paris ! Les services de renseignement français ont conclu à l’implication directe du régime d’Amadou Toumani Touré qui a largement bénéficié des dividendes de ces enlèvements.  Ils ont également indexé le leader d’Ansar- Eddine Iyad AG Aly qui aurait constitué un tandem avec l’ancien Président dans les transactions  avec les groupes terroristes notamment AQMI, à l’issue desquelles ils se seraient tapés de juteuses commissions.

Pourquoi  le  Mali  suscite tant  d’intérêts  de  la part des    multinationales  pétrolières  et gazières, des Compagnies minières et leurs bras armés que sont les Etats capitalistes occidentaux et leurs alliés saoudiens et qataris ?

Parce que le monde capitaliste traverse une grave crise économique qui fait que pour les nécessités de sa survie, elle s’intéresse à l’exploitation des ressources qu’elle ne pouvait pas exploiter en raison des coûts que cela pouvait occasionner ( coût d’exploitation, distance). Mais, la France avait fait des projections pour minimiser les coûts d’exploitation de ces ressources stratégiques au Sahara.

Au cours des trois dernières décennies, elle avait imaginé une stratégie régionale à travers  la construction d’un oléoduc en territoire malien (dans sa partie nord) pour évacuer le pétrole et le gaz du Nigeria, du Tchad, du Niger, de la Mauritanie, du Mali, de l’Algérie, qui sera connecté par la suite au pétrole libyen. Cela présente des avantages économiques énormes. Mais pour que cette stratégie régionale soit mise en œuvre, il faut lever tous les obstacles   politiques. C’est   l’une des raisons de la Guerre des puissances occidentales contre la Libye et maintenant aussi contre le Mali et probablement demain contre l’Algérie. Parce que le tracé de l’oléoduc passe par le Mali qu’il est devenu un enjeu stratégique mondial pour l’approvisionnement énergétique de l’Europe.

9- Cette révélation contre l’épouse de l’ancien Président malien, Madame Touré Lobbo TRAORE a été faite par plusieurs journaux français qui citaient des sources provenant de  Tracfin (Traitement du Renseignement et Action contre les circuits Financiers Clandestins), un service de renseignement français, émanation de la Direction Générale des douanes et appartenant au Ministère de l’Economie et des Finances. Tracfin a vu le jour en 1990 et a officiellement rejoint la communauté des renseignements en 2007, lors de la création de la délégation parlementaire au renseignement en France. Avec ses 90 employés (principalement recrutés aux douanes), c’est le poids léger des services qui fait partir du Conseil National du Renseignement au même titre que la DGSE, la DCRI, DRM, DPSD et DNRED. Il reçoit 100 à 150 informations par jour en provenance des acteurs privés qui ont l’obligation légale de transmettre des informations.

Le nouveau facteur qui rentre en ligne de compte, c’est la compétition féroce entre les puissances occidentales et la Chine pour le contrôle des ressources énergétiques de l’Afrique. L’Afrique sub-saharienne deviendra dans les prochaines années une source d’importance énergétique comme le Moyen-Orient. L’Afrique de l’Ouest dispose de plus de 60 milliards de barils de réserves pétrolières10. Une pénurie de ressources énergétique est à venir. Les experts soulignent qu’1 baril de pétrole sur 5 entrant dans le circuit économique mondial viendra du Golfe de Guinée et que la part provenant du Golfe de Guinée dans les importations des Etats-Unis passera de 15 à 20% en 2010 et à 25% à 2015.

Ce sont le Nigeria et l’Angola qui fournissent la plus grande quantité du pétrole importé par les Etats-Unis avec respectivement 10% et 4%. D’où l’instauration de foyers de tensions par les Etats-Unis afin d’assurer son hégémonie. Les Etats-Unis craignent l’arrivée de la Chine sur le marché énergétique africain.

C’est pourquoi ils renforcent leur présence militaire sur le continent à travers l’érection de bases militaires permanentes comme celle de Djibouti dans la Corne de l’Afrique.

Cette base assure aux Etats-Unis le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production  pétrolière  mondiale  sous  prétexte  de  lutter  contre  la  piraterie.  Il  faut  noter  que  cette importante base américaine est à côté du pipeline soudanais. Grâce à sa position stratégique, elle donne aux Etats-Unis une domination complète sur l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique qui va de Port-Soudan à 1600 KM dans le Sud-est au pipeline Tchad-Cameroun (1000KM) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. La création du nouveau poste d’observation en Ouganda donne aux Etats- Unis la possibilité de contrôler le Sud-Soudan où se trouve la plus grosse quantité de pétrole.

L’objectif  recherché  par  les  Etats-Unis  est  de  bloquer  la  Chine.  Pour  y  parvenir  des  stratégies  de déploiement militaires sont mises en œuvre partout dans le monde (Europe, Amérique Latine, Asie et Afrique). En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire des Etats-Unis (Africom) a établi des postes d’observations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon ainsi qu’en Namibie, à la frontière avec l’Angola au sud. Il faut rappeler que c’est Africom qui a organisé l’invasion coloniale impérialiste de la Lybie en 2011 à travers l’opération « Aube de l’Odyssée». En 2003, un programme de contreterrorisme en Afrique de l’Ouest a été lancé. En mars 2004, les Forces Spéciales US ont été directement engagées dans une opération militaire avec les pays du Sahel contre le GSPC qui serait financé par la France via sur la marge de bénéfice des mines d’uranium du Niger. Le Commandement US pour l’Europe a déjà développé un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée.

Son allié Israélien est chargé de la Méditerranée. Il a déployé trois (3) sous-marins nucléaires de type

« Dolphin » de construction allemande, équipés de 21 missiles à tête nucléaire. Ces sous-marins nucléaires ont pour fonction de contrôler les ports de la rive sud du bassin méditerranéen. Les canons suivent le commerce : les grandes entreprises pétrolières des Etats-Unis et d’Europe sont prises dans une course pour le pétrole ouest-africain et réclament la sécurisation de leurs voies d’approvisionnement.

10. La Chine en Afrique : Intérêts et pratiques, ESSAI d’analyse du mode de fonctionnement d’un système, programme Afrique Subsaharien, Valérie Niquet et Sylvain Touati, IFRI.

Il faut noter que les dernières informations placent la Chine au rang de premier partenaire économique de l’Afrique.

Dans cette course économique, la France et la Grande-Bretagne sont en compétition avec les USA et ne ménagent aucun effort pour « parrainer » les groupes terroristes. C’est la raison qui explique le soutien de Paris au MNLA. C’est ce qui explique dans une large mesure la longue guerre qui a ravagé le Soudan (surtout dans la zone pétrolifère du Darfour), celle de l’Angola et celle qui sévit actuellement au Nigéria. Dans cette compétition, il faut neutraliser la Chine. Or, le développement industriel et économique de la Chine fera de ce pays dans les dix prochaines années, le plus grand client de l’Afrique.

En 2003, la Chine est devenue le second consommateur de pétrole dans le monde. En 2006, elle est devenue le 3ème  importateur net derrière les Etats-Unis et le Japon. Elle importait 30% de son pétrole du continent africain et le volume d’échange avec l’Afrique avait dépassé la barre des 100 milliards de dollars contre 121 milliards de dollars Us pour les Etat-Unis (ce qui a largement dépassé les prévisions faites par le Gouvernement chinois qui l’a révélé lors du sommet sino-africain de 2006).

Deux années plus tard, c’est-à-dire en 2008, les échanges étaient de 106,8 milliards de dollars. Jusqu’en

1992, la Chine ne se fournissait de pétrole qu’auprès de l’Angola. Mais entre 2001 à 2007, la Compagnie Nationale Chinoise (CNPC) a investi 10 milliards de dollars Us dans le secteur pétrolier en Afrique et a signé des accords d’exploitation ou de forage avec plusieurs pays comme l’Angola, le Tchad, la RDC, la Côte- d’Ivoire, la Guinée-Equatoriale, l’Ethiopie, le Gabon, le Kenya, la Mauritanie, le Soudan, le Nigeria et le Mali. En 2000, les importations chinoises d’hydrocarbures étaient évaluées à 17 millions de tonnes soit l’équivalent de 340.000 barils par jour dont la moitié provenait d’Angola.

L’efficacité de sa coopération avec le continent africain s’est traduite par la construction de l’industrie pétrolière soudanaise, exemple de coopération très enviée. Par ailleurs, cette rivalité entre la Chine et les Etats-Unis se traduit par la mise en œuvre de projets d’oléoduc pour désenclaver le pétrole du Golfe de Guinée. La Chine souhaite relier les champs pétrolifères tchadiens à ses oléoducs au Soudan. L’Union Européenne quant à lui porte un intérêt au projet du « trans-saharian gas Pipeline », un gazoduc devant relier le Nigeria (1037 km) à l’Algérie (2130 km) en passant par le Niger (841 km) pour alimenter l’Europe sur 4128km. Cet ouvrage permettra l’acheminement de 20 à 30 Gm3 par an, principalement vers l’Europe. Son coût est estimé à 10 milliards de dollars auxquels il convient d’ajouter 3 milliards de dollars supplémentaires pour la construction d’infrastructures destinées à la collecte du gaz au Nigeria. En juin

2009, les gouvernements de l’Algérie, du Niger et du Nigeria ont signé un accord visant à la construction de ce gazoduc d’ici 2015.

Dans ce contexte de concurrence impitoyable entre les puissances capitalistes pour le contrôle des ressources énergétiques, la position de certains pays comme la France est plus qu’inconfortable. N’est-t- elle pas l’une des raisons du déclenchement de la guerre dans le Nord du Mali pour lui permettre de bousculer la configuration des entreprises qui se partagent les concessions et d’assurer une position de leadership à ces entreprises ?

A ce sujet,   le journal français « Le Canard Enchaîné » a révélé le deal conclu entre la Société TOTAL, la Mauritanie, le Qatar et le Mouvement National de Libération de l’Azaouad (MNLA) pour l’exploitation des ressources pétrolières et gazières dans le Nord-Mali.

Le Mali possède cinq bassins sédimentaires au potentiel pétrolier : le bassin de Taoudéni au Nord, le fossé de Gao et les bassins contigus de lullemeden et de Tamesna à l’Est et le fossé de Nara centre.

Taoudéni est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 mètres d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 Km2 soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale qui s’étend hors du Mali, au Niger, en Mauritanie, au Burkina-Faso et en Algérie.

Depuis 2004, l’autorité pour la promotion de la Recherche pétrolière au Mali (AUREP) a réalisé au nom du Gouvernement du Mali des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur 5 bassins sédimentaires. Dans cette convention, le Mali détient 9 blocs contre 20 blocs partagés entre les sociétés de recherche pétrolière  notamment la compagnie italienne d’hydrocarbure (ENI) qui détient 50% ; l’australienne Baraka-Petrollium 25% ; l’Algérienne SIPEX dont les opérations de sondage sismiques

des blocs 1,2,3,4 et 9 sont assurés par l’entreprise algérienne de géographique (ENAGEO) une filiale de la SONATRAC (la première des 12 sociétés pétrolières d’Afrique) et qui détient 25% ; Petroplus Angola qui a apporté  46  milliards  de  FCFA  destinés  à  la  promotion  de  la  recherche  pétrolière,  à  l’exploitation,  au transport au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeuses, à la formation du personnel technique malien.

Dans ce partage de gâteau ne figure pas l’entreprise Total. Cela n’explique-t-il pas la mise en œuvre par la France de la stratégie du chaos à travers la création du tristement célèbre MNLA ? Paris ne cherche-t-elle pas à évincer ses concurrents italiens, australiens, algériens et ses alliés du Qatar et de l’Arabie Saoudite en scellant un pacte avec les Etats-Unis et l’Angleterre pour faire main basse sur les ressources du Mali ? Comment  le Qatar et l’Arabie Saoudite sont-ils devenus les parrains de la rébellion au Mali ? Et qu’est-ce qui explique cette soudaine proéminence géostratégique du Qatar dans le contexte de chaos en Syrie, en Libye et au Mali ?

Cette proéminence du Qatar11 s’explique par sa grande capacité financière (faramineux revenus pétroliers et gaziers) qui n’a aucun rapport avec sa puissance réelle, humaine et militaire : seulement 1 million

700.000 habitants dont 250.000 nationaux. Tributaire de la protection des Etats-Unis qui disposent d’importantes bases militaires sur son sol, le Qatar tente de se frayer une voie dans un environnement régional marqué par une rivalité tenace entre l’Arabie Saoudite sunnite et l’Iran Chiite. Parallèlement à son action diplomatique agressive, il a réalisé des investissements massifs difficiles à estimer à travers le monde faute de données et de statistiques fiables. Selon certaines sources occidentales, l’Emirat a investi plus de

210  milliards  de  dollars Us  à travers  le monde,  assurant  des  prises  de  participation  au  capital  dans plusieurs fleurons industriels en Europe, plus particulièrement en France (Vivendi, Veolia, Suez- Environnement, Porsch, Total) ; faisant des acquisitions de parcs immobiliers dans les capitales occidentales les plus chères comme Londres (quartiers d’affaires) ou Paris (Hôtel Royal Monceau) ; du rachat de grandes marques, au sauvetage de deux banques grecques menacées de faillite, en passant par le lancement controversé en France en 2011, d’un Fonds d’investissement de 50 millions d’€uros destiné à financer des entrepreneurs de quartiers populaires.

11. La cassure, l’Etat du monde 2013, sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal, Edition la Découverte, Paris 2001

Les « révolutions arabes » qui ont abouti à la chute de certains régimes comme en Egypte, en Tunisie, en Libye lui ont donné un prestige et une influence considérables, renforcée par sa chaîne d’information Al- Jazeera qui, depuis sa création en 1996 à Doha, exerce une influence considérable, façonne l’opinion publique arabe et mondiale en déterminant les priorités des évènements, les objectifs stratégiques qui les animent et les intérêts qu’ils servent. Grâce à cette nouvelle posture, le Qatar prendra la tête des initiatives régionales pour gérer les crises successives dont il en fût l’un des inspirateurs le plus déterminé. L’on se rappelle de son implication dans la guerre en Libye contre le régime du Président Mouammar El Khadafi se portant,  avec  notamment  l’Arabie  Saoudite,  comme  la  caution  politique  et  morale  de  la  croisade occidentale ayant abouti à l’invasion impérialiste de la Libye.

En outre, le Qatar a fait usage de sa force de frappe aérienne contre l’armée libyenne et a mobilisé au sol plusieurs milliers de soldats appartenant à ses unités d’élite, fournissant au passage armes et  instructeurs aux combattants djihadistes d’Al-Qaïda venus en nombre considérable de toutes les régions du monde arabe, d’Europe et d’Afrique pour prêter main forte à la rébellion.

C’est ce même rôle que le Qatar joue en en Syrie où il fournit des soutiens multiformes aux rebelles de l’Alliance Syrienne Libre qui combattent le régime du Président Bachar El Assad. Partout dans les pays arabes, le Qatar dispose d’importants leviers économiques qui lui permettent d’exercer une influence directe sur les acteurs politiques qu’il manipule au gré de ses intérêts immédiats et de ses jeux d’alliance. L’ancienne Ministre israélienne des Affaires Etrangères Tzipi Livni dont le Parti a été sévèrement battu lors des élections législatives du 22 janvier 2013 a révélé que le Qatar a subventionné la campagne du Parti du Premier-Ministre Benjamin Nyétaniaou qui a empoché 3 millions de dollars US ainsi que celle de son allié Avigdor Liberman qui lui, a obtenu 1,5 millions de dollars US12.

Le but de cette générosité qatari est de favoriser la victoire de ces deux partis de droite pour accélérer la création d’une confédération jordano-palestinienne qui sera dirigée par le Hamas palestinien.

12. Lire le Réseau Voltaire : www.voltaire.net

Au Mali ses agissements sont connus des autorités maliennes et françaises. Derrière le masque trompeur de l’humanitarisme, le petit Emirat est fortement impliqué aux côtés des mouvements salafistes qui combattent au Nord du Mali. Pour preuve, le canard Enchaîné dans un article en date du 6 juin 2012 intitulé  « Notre ami du Qatar  finance les islamistes du Mali » indique que la Direction du Renseignement militaire (DRM qui dépend du Chef d’Etat-major des armées françaises) a recueilli des renseignements selon lesquels « les insurgés du MNLA, les mouvements Ansar Eddine, AQMI et le MUJAO ont reçu une aide en dollars du Qatar ».

Dans son édition du 26 mars 2012, le Canard avait déjà cité des accusations semblables portées par des services de renseignement français contre le petit Emirat gazier. Le journal satirique affirme aussi que le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian n’ignore rien de la stratégie qatarie au Mali. Au début de l’année 2012, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) aurait transmis plusieurs notes à l’Elysée,

informant la présidence des « activités internationales » du Qatar. Apparemment ces nombreuses alertes ont laissé de marbre l’Elysée qui, du temps de Sarkozy, entretenait de solides amitiés avec le Prince Hamad Ben  Khalifa  al-Thani.  Les  analystes  de  la  DRM  avaient  déjà  établi  que  le  Nord-Mali  était  devenu  un « immense sanctuaire terroriste ».

Une autre épine dans les relations entre le Qatar et la France concernant cette guerre au Mali : il s’agit de l’intérêt de la Compagnie publique du Qatar (Qtel) de racheter les 53% des actifs de la société française vivendi dans le capital de Maroc Telecom. Ce rachat vise à renforcer d’avantage la position naissante du Qatar dans le marché maghrébin des télécommunications. Mais, le journal satirique français « Charlie Hebdo » a révélé que François Hollande s’est mêlé à la transaction et se serait vivement opposé à sa conclusion entre les deux parties, accord qui s’élèverait à pas moins de 5,5 milliards d’€uros. Pourquoi l’Elysée s’oppose à la transaction ? Parce que la France qui est engagée dans une guerre au Mali, connaît l’importance  géostratégique  que  joue  le  réseau  marocain,  Maroc  Telecom,  qui  détient  à  son  tour  le contrôle  majoritaire  des  principaux  opérateurs  de  la  région  du  Sahel,  notamment  en  Mauritanie,  au Burkina-Faso, au Niger mais aussi et surtout au Mali. Avec cette cession de Vivendi, la France pourrait perdre un avantage dont elle dispose. En matière de stratégie militaire, les réseaux de télécommunication revêtent une importance capitale. De ce point de vue, Maroc Telecom serait d’une très grande utilité dans la région du Sahel pour les services de Renseignement français, car ce réseau est un outil efficace d’espionnage qui permet de maintenir les groupes djihadistes sous contrôle, d’identifier leurs zones d’opération ou de repli, d’identifier leurs numéros d’appel ou de mettre leur communication sous écoute. Si on n’ajoute les soupçons de la France à l’égard du Qatar concernant sa collusion avec les groupes islamistes au Nord-Mali, il sera difficile à la France de laisser le Qatar s’emparer des actifs de Vivendi dans le capital de Maroc Telecom.

Une autre raison qui explique que notre pays intéresse tant les puissances capitalistes : il s’agit de la position géostratégique de Tessalit. Tessalit est « une oasis de montagne » située sur la route qui traverse le Sahara, d’Oran (Algérie) à Gao, route appelée la « piste impériale ». Tessalit est la première halte en quittant le désert des déserts. Elle a servi de lieu de safari pour les convois de voitures Peugeot 504 allant au Sud pour y être vendues.

Mais Tessalit à une histoire secrète très liée à la France et à l’OTAN. L’Afrique Occidentale Française (AOF) avait trois (3) bases aériennes au Mali : Bamako, Gao et une « base secondaire », Tessalit. C’est là que la France  y  implanta  une  base  aérienne  majeure  permettant  aux  avions  de  transport  à  hélices  dont l’autonomie était trop faible de faire escale et de se ravitailler. Tessalit est une localité située à égale distance de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Golfe de Guinée.

La France l’offrira à l’OTAN et détachement militaire dépendant du Commandement français en Afrique de l’Ouest en assurait la gestion et maintenait système radio et radar météo.

Après l’Indépendance du Mali en 1960, le Président Modibo Keita a perçu l’importance stratégique de la région de Kidal et s’est toujours opposé à toute présence de troupes étrangères sur le sol malien. C’est pourquoi il ordonna en 1961, le départ des troupes coloniales du territoire malien. Mais, au fil des années, la localité de Tessalit a acquis une très grande importance au point de créer une rivalité féroce entre la France et les Etats-Unis pour le contrôle de ce « porte-avion » du désert. De nos jours, tous les satellites militaires d’observation passent au dessus de la localité de Kidal qui dispose de 5 pistes aériennes dont 4 sont en sol stabilisés. Parmi ces 4 pistes, une fait particulièrement l’objet de toutes les convoitises. Elle est longue de 2500 mètres sur 30 et en dur. Elle est considérée comme la plus grande structure aéroportuaire du Sahara.

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Le 15 septembre 2015, une quarantaine de Kamerunais se sont retrouvés au palais des Sports de Yaoundé pour un séminaire sur le thème «la gouvernance électorale et l’alternance démocratique », à l’initiative de l’ONG DYNAMIQUE CITOYENNE et pour la commémoration de la journée internationale de la démocratie.

Alors que le séminaire, dûment déclaré comme le stipule la loi, se déroulait sans incident, après des intimidations successives et infructueuses des gendarmes puis des policiers, le Sous-Préfet de Yaoundé 1er, accompagné d’une escouade d’éléments des forces de l’ordre, a fait irruption dans la salle et intimé aux participants, l’ordre d’arrêter leurs travaux et de quitter les lieux, contre toute base légale.

Devant le refus justifié des participants d’obtempérer à cette injonction arbitraire, le Sous-Préfet et ses hommes en tenue ont fait évacuer la salle de force, avec brutalité, en molestant, en giflant et en frappant sauvagement les participants, leur portant physiquement et psychologiquement atteinte.

Par la suite, six personnes ont été arrêtées et conduites dans les locaux de la GMI à Yaoundé où elles restent jusqu’à la publication du présent communiqué, le 18/09, toujours détenues. Il s’agit de : M. Jean-Marc BIKOKO (le point focal national de Dynamique Citoyenne, Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public), Agnès Adélaïde METOUGOU, BIKOKO Le juste, Jessie BIKOKO, NDJALLA EPANGUE Yves et FOGNO FOTSO François. D’autres sont sous le coup de menaces d’arrestation.

Devant une telle barbarie et devant les atteintes répétitives et de plus en plus graves du régime RDPC et alliés de M. Paul Biya contre les droits humains élémentaires,

Nous militants de l’UPC en Europe,
– protestons vigoureusement contre ce déni des droits de l’homme et de démocratie.
– exigeons la libération immédiate et sans condition de nos compatriotes détenus arbitrairement depuis le 15 septembre et qui n’ont violé aucune loi.
Nous en profitons pour attirer l’attention de nos compatriotes et des amis du Kamerun sur la leçon à retenir de cet épisode inacceptable parmi bien d’autres :

Le régime en fin de règne à Yaoundé ne tolère aucune voix qui ne lui soit pas docile. Toute personne, organisation politique ou de la société civile qui ose déclarer ce qui ne plaît pas à ce régime est arbitrairement et sauvagement réprimée avec la plus grande brutalité.

Nous appelons donc tous nos compatriotes à se battre pour la cause commune que sont le respect des droits de l’homme et la conquête des véritables libertés démocratiques, et ceci au-delà de toute divergence idéologique.

Seule la vigilance, l’engagement ferme, sans faux fuyant ni complaisance contre ces exactions répétées du régime nous conduira à imposer un contexte véritablement démocratique au Kamerun.

Les droits humains et la démocratie n’appartiennent ni au Nord, ni au Sud, ni à l’Est ni à l’Ouest. Ils ne sont ni de l’UPC, ni du SDF, ni du Manidem, ni du CPP, etc.
Ils appartiennent à tous et sont de tous.

Neuf Kamerunais sur dix, toutes régions confondues, sont en permanence victimes des violations de droits humains. A chaque fois qu’un de nos compatriotes quel qu’il soit, sera victime de l’arbitraire, nous devons tous protester et condamner cela avec une extrême vigueur.

En dénonçant chaque cas de violation de nos droits, nous contribuons, chaque jour qui passe, à l’avancée des idéaux démocratiques. 

Le 18 septembre 2015.

Pour les Upécistes d’Europe.
Les Membres du Bureau du Comité Directeur en Europe

René EMEH ELONG
Augusta EPANYA
Moïse ESSOH
Siméon NGIMBOUS BATJOM
Samuel NJUFOM


Déclaration du Parti S.A.DI. sur le coup de force au Burkina Faso
Le Mercredi 16 septembre 2015, aux environs de 14H30, des militaires appartenant au tristement célèbre Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) ont porté une grave atteinte aux institutions de la République et au processus de Transition démocratique mis en place au Burkina-Faso, suite à l’insurrection populaire victorieuse des 30 et 31 octobre 2014 qui a mis fin à 27 années de dictature féroce, de confiscation des libertés démocratiques et de blocage du jeu politique par le CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès) et ses alliés.
Ces usurpateurs indécrottables, sous la conduite du Général Gilbert Diendéré ancien-Chef d’Etat-Major particulier de Blaise Compaoré et ancien commandant du Régiment de Sécurité Présidentielle, après avoir désarmé la garde en faction, ont fait irruption au Palais en plein Conseil des Ministres, se sont saisis du Président de la Transition Michel Kafando, du Premier-Ministre Yacouba Isaac Zida, d’autres membres du Gouvernement de Transition, notamment Réné Bagoro et Augustin Loada, respectivement Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme ; Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale. Ils ont tous été séquestrés et pris en otage au palais.
Pour parachever leur forfait, les éléments du RSP, agissant en parfaite intelligence avec des anciens dignitaires dégénérés du CDP et de leurs milices, ont instauré un climat de terreur dans la capitale à travers le quadrillage des points stratégiques, le déploiement des escadrons de la mort qui pourchassent les manifestants, incendient les domiciles d’opposants, attaquent les radios privées, prennent en otage les journalistes. Le bilan fait état de plusieurs morts et de nombreux blessés.

Le Parti SADI tire les constats suivants :
– Depuis la victoire historique des forces démocratiques du Burkina-Faso, la Communauté Internationale (notamment la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations-Unies) s’est malheureusement illustrée par son ponce-pilatisme et ses nombreuses obstructions à l’aboutissement du processus révolutionnaire de changement et de renouveau enclenchée en octobre au Burkina Faso ;
– Elle a mis en place une Médiation dirigée par le Président Macky SALL, Président en exercice de la CEDEAO dont le résultat a été la constitution d’un attelage hétéroclite et confus d’acteurs dans le but de garder la mainmise sur le Burkina Faso ;
– Ainsi, le Régiment de la Sécurité Présidentielle, symbole vivant de la terreur personnifiée, devait rester en l’état et les principaux piliers du système Compaoré maintenus, la tête hors de l’eau, pour servir au moment opportun ;
– La Cour de Justice de la CEDEAO, contrairement à la Charte africaine qui condamne les modifications constitutionnelles, a ajouté à la confusion en se prononçant dans l’urgence contre le Code Electoral élaboré par la Transition qui a légitimement sanctionné tous ceux qui ont tripatouillé la constitution du pays pour ouvrir la voie royale à la candidature illégale et illégitime de Blaise Compaoré.

Face à la situation qui prévaut au Burkina-Faso et qui pourrait conduire à des affrontements meurtriers, voire même à une guerre civile aux conséquences désastreuses, le Parti SADI :
– Condamne fermement le Coup d’Etat réactionnaire et néocolonial au Burkina Faso ;
– Appelle les forces progressistes maliennes, africaines et internationales à se mobiliser comme un seul homme pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle du Président de la Transition, du Premier-Ministre et des membres du Gouvernement séquestrés ;
– Exige le rétablissement immédiat du Gouvernement de la Transition, des institutions de la République et du processus électoral ;
Condamne les atteintes graves aux libertés individuelles et collectives et exprime son soutien total à la résistance du peuple face aux usurpateurs du Conseil National pour la Démocratie, véritable Commando National de Destruction des acquis démocratiques;
– Vive la résistance du peuple burkinabé ! A bas la restauration ! A bas les usurpateurs ! La lutte continue !
Bamako, le 18 septembre 2015

Pour le Bureau Politique
Le Secrétaire aux Relations Extérieures
Yéhia Ag Mohamed ALI
Ancien Ministre
Officier de l’Ordre National du Mali


Accaparement des terres
Le réseau de communication Kayira, en collaboration avec la Fondation Rosa Luxemburg, a tenu du 14 au 16 août 2015 la 4ème édition des assises de la Gauche malienne. Ces assises ont regroupé les organisations paysannes et certains syndicats. Le thème était : « Les organisations paysannes, les partis et mouvements de Gauche du Mali : quelles perspectives dans un contexte d’accaparement des terres par la bourgeoisie nationale et l’impérialisme ? »
Lire la suite de cette entrée »


Je vais vous dire pourquoi je suis ici, avec des mots que j’ai empruntés à un vieux manifeste célèbre. Je suis ici parce que :

Un spectre hante l’Europe – le spectre de la démocratie. Toutes les puissances de la vieille Europe ont conclu une sainte alliance pour exorciser ce spectre: les banquiers parrainés par les États et l’Eurogroupe, la Troïka et le Dr Schäuble, les héritiers de l’héritage politique de Franco, le leadership berlinois du SPD, les gouvernements baltes qui ont soumis leurs populations à une récession terrible et inutile, et l’oligarchie grecque en résurgence. Lire la suite de cette entrée »


Après le 5ème rejet de sa demande de visa par le consulat de l’ambassade de France au Mali, l’honorable Oumar Mariko monte au créneau contre le président de l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères du Mali et l’ambassadeur de France au Mali. Dans l’interview qui suit, il parle aussi des deux attaques, celles de Nara et de Fakola dans le cercle de Kolondiéba.
Lire la suite de cette entrée »