Une situation politique incertaine dans un contexte geostrategique marque par les convoitises des grandes puissances (Partie VI)

  1. Al-Qaïda, l’épouvantail qui sert les intérêts géostratégiques occidentaux

S’agissant de l’organisation terroriste Al-Qaïda, elle est l’enfant légitime des Etats-Unis qui l’ont créée pour contrer l’Union Soviétique aux lendemains de l’invasion de l’Afghanistan. Mme Hillary Clinton l’a explicitement reconnu en janvier dernier, lors de sa dernière audition au Congrès en tant que Secrétaire d’Etat  américain.  Accablée  de  critiques  sur  la  faillite  sécuritaire  qui  avait  provoqué  la  mort  de l’Ambassadeur des Etats-Unis à Benghazi, Mme Hillary Clinton s’est lâchée devant les congressistes en reconnaissant que « ceux contre lesquels les Etats-Unis se battent » ont été créés il y’a 20 ans par les Etats- Unis « pour faire face aux soviétiques qui avaient envahi l’Afghanistan de peur qu’ils ne dominent l’Asie centrale».

Et Mme Clinton de préciser avec sa froideur naturelle que le « Président Ronald Reagan, en accord avec le Congrès dominé par les démocrates, avait même ordonné qu’on importe des extrémistes d’Arabie saoudite et leur mouvement wahhabite » !

Hillary  Clinton  a  souligné également  que  les  Etats-Unis  ont  chargé  les  services  secrets  pakistanais  de recruter les moudjahidines qui luttaient contre le gouvernement communiste de Najibullah à Kaboul : « A l’époque on disait que ce n’était pas un mauvais investissement puisqu’on en avait fini avec l’Union Soviétique. Mais soyons prudents avec ce qu’on a semé parce que nous allons le récolter. Nous avons dit aux militaires pakistanais, débrouillez-vous avec les missiles (Sol air) Stinger qu’on a laissés un peu partout dans votre pays et les mines disséminées tout au long de la frontière. Nous avons donc arrêté de traiter avec l’armée pakistanaise et l’ISI ».

Pour avoir joué aux apprentis sorciers, les Etats-Unis ont précipité le monde dans l’enfer. Ils ont crée Oussama Ben Laden auteur présumé des attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait plus de 3000 morts à New-York. Le dirigeant d’Al-Qaïda sera éliminé en 2011 à sa résidence d’Abotabaad, près de la capitale pakistanaise Islamabad au cours d’une opération rondement menée par les Forces spéciales et la CIA.

Ce sont les Etats-Unis qui ont fabriqué AQMI. Ils n’ont jamais cherché à vaincre cette organisation islamiste terroriste qui s’est enraciné au Yémen, puis a étendu ses tentacules en Afrique du Nord, en Afrique au Sud du Sahara, dans le Golfe persique… On ne cherche pas à analyser certains aspects  de la poussée d’AQMI qui font qu’elle a développé ses capacités d’action qui lui permettent de frapper dans n’importe quel pays du monde, surtout en Afrique de l’Ouest où un commando a enlevé deux ressortissants français au Niger. Ces deux ressortissants français ont été tués par la suite en territoire malien au cours d’une opération des Forces Spéciales françaises. Il faudra également y ajouter les nombreux enlèvements de ressortissants occidentaux  et  celui  récent  de  sept  ressortissants  français  au  Cameroun.  Pendant  plus  d’une  dizaine

d’années, ce sont les 45 armées les plus puissantes au monde qui ont combattu les talibans sans jamais parvenir à les vaincre au point que l’Institut Carnegie des Etats-Unis a indiqué qu’en 2014, lorsque l’armée américaine  se  sera  retirée  de  l’Afghanistan,  les  talibans  reviendront  au  pouvoir.  C’est  la  raison  pour laquelle, les Etats-Unis mènent secrètement depuis plusieurs années, des négociations avec les talibans afin de pouvoir assurer la sécurisation de leurs sources d’approvisionnement en gaz et en pétrole (à travers les oléoducs qui passent par ce pays) !

 

En ce qui concerne le cas du Mali, comment d’un côté les puissances occidentales dénoncent l’islamisme militant et radical et ferment les yeux sur leurs soutiens en moyens financiers, en armement de toutes sortes fournis par l’Arabie Saoudite et le Qatar principaux bailleurs d’Ansar-Eddine, du MUJAO, d’AQMI ?

N’ya-t-il pas une stratégie cachée qui montre qu’en réalité il y’a deux impérialismes qui font la guerre contre le Mali : l’impérialisme occidentale (que nous connaissons) et l’impérialisme arabe, salafiste incarné par l’Arabie saoudite et le Qatar ?

Aujourd’hui, il est aisé de comprendre le sens de la jonction entre ces deux impérialismes à travers les investissements massifs de ces monarchies du Golfe en occident (Arabie Saoudite et Qatar). C’est pourquoi, on comprend que ces groupes djihadistes sont combattus et considérés comme des terroristes au Mali, mais soutenus et aidés en Syrie et en Libye où ils sont considérés comme des démocrates et des libérateurs ? Quelle hypocrisie !

Les puissances occidentales (Etats-Unis, France, Union Européenne) à coup de matraquage médiatique, tentent de nous faire croire que le Coup d’Etat du 22 mars 2012 a été le point de départ de tous nos malheurs : annexion complète des trois régions Nord, effondrement de l’Etat, embargo économique et commerciale de la CEDEAO…. Le Coup d’Etat n’a pas précipité la chute des régions Nord du pays, car bien avant, de nombreuses villes du Nord avaient commencé à tomber comme Ménaka, Anderaboukane, Abéibara, Tinéssako, Léré et Aguel Hoc. C’est ainsi qu’est survenu le Coup d’Etat du 22 mars 2012.

Beaucoup d’analystes et d’hommes politiques maliens ne tarissent pas d’éloges sur les initiatives du Président  François  Hollande  pour  obtenir  une  action  armée  afin  de  déloger  les  islamistes  armés  (à l’exception notable du MNLA) des régions Nord qu’ils occupent depuis mars 2012.

Ainsi, le Président français, pour avoir saisi le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, est devenu « un vrai ami du Mali » qui va prendre la tête de la prochaine croisade contre les islamistes fanatisés qui poursuivent leur entreprise macabre et criminelle : amputations des mains, des bras et des pieds, imposition forcée de la Sharia, exécutions extrajudiciaires, atteintes graves aux libertés individuelles et collectives.

Face à tant d’atrocités commises contre nos compatriotes, aux humiliations, à la destruction sauvage de notre patrimoine culturel, la réaction devant cet « engagement » et cette « détermination » du Président français me paraît humainement compréhensible, et tout à fait juste.

Cependant, largement instruit des expériences historiques précédentes des interventions menées par la France en Afrique, je m’inscris à contrecourant de ce discours particulièrement dithyrambique et laudateur pour me livrer à une réflexion critique. La crise qui secoue le Mali intéresse beaucoup le « docteur France » qui prétend venir au secours du malade du cancer qui ronge le Nord du Mali. Mais, à mon avis, ce docteur est plutôt mal placé pour intervenir. Pour la simple raison qu’il est intervenu dans bien des endroits en Afrique sans jamais vraiment résoudre les problèmes : Au Rwanda, en Lybie et en Côte-d’Ivoire.

Les autorités françaises ont planifié, coordonné et mis en œuvre une   intervention militaire au Mali à travers l’opération « Serval » et ne parlaient plus de solution politique au Nord (alors que la solution politique définitive était leur cheval de bataille durant tout le temps où le MNLA avait en apparence le leadership des groupes armés !). Cela m’a amené à me poser un certain nombre de questions :

1.   Où les autorités françaises voulaient- t-elles en venir ?

2.   Quelle était leur analyse sur les origines de cette crise armée et quelle solution politique à terme était-elle envisagée ?

3.   Quels étaient au juste les buts de cette guerre ?

4.   Quand pourra-t-on considérer que les opérations militaires seront terminées ?

5.   Pourquoi la France semble autant s’intéresser aux souffrances des maliens ? N’est-ce pas à cause des richesses qui sont les causes de cette motivation ?

Ce sont des questions que le gouvernement français n’aborde jamais, tout en faisant pression sur les Nations-Unies pour obtenir la mise sur pied d’une force des Nations-Unies au Mali. Tout se passe comme si on veut affaiblir le Mali, voire le démembrer. Il s’agit en fait d’une occupation coloniale du Mali. Sinon, comment expliquer autrement cet amour immodéré de la France et d’autres pays pour le MNLA ?

Mais, il faut voir dans l’attitude de la France une manœuvre subtile dont l’objectif stratégique est double :

-La première manœuvre fait légitimer le MNLA et sa revendication de l’autodétermination d’une part, et obligera les autorités maliennes à dialoguer avec lui ;

-La seconde manœuvre consistait à faire avaliser l’intervention militaire pour assurer au MNLA un territoire réel et des populations vivantes sous « son autorité », et surtout permettra d’imposer par le truchement des forces étrangères ( CEDEAO, MISMA et bientôt les Nations-Unies) occupant le territoire, la tenue d’un referendum sur l’autodétermination  (laquelle sera sans doute truquée ou n’aura jamais lieu parce que le MNLA, honni par les populations locales ne peut pas gagner démocratiquement des élections) ; en ce cas, l’enlisement conviendrait mieux à la France pour faire gérer cette partie de notre territoire par ses suppôts et à son compte. Et c’est dans cette vision stratégique qu’il convient de situer et d’analyser les nombreuses interventions du Président Blaise Compaoré et de la CEDEAO qui sont :

a) de fournir au MNLA une légion d’experts en droit international qui lui ont élaboré une stratégie fine avec comme  première  étape  une  étrange  version  du  principe  de  l’autodétermination  et  des  documents juridiques secrets pour la suite ;

b) Faire imposer par la CEDEAO aux autorités maliennes, la création d’une structure nationale pour les négociations avec les groupes armés qui se sont démarqués des terroristes islamiques que sont le MUJUAO et AQMI. Un Comité national de négociation existe, au moins sur le papier sur « proposition » du Pr Dioncounda Traoré. Mais, Blaise Compaoré a demandé avec insistance la création officielle d’une telle structure pour la même mission, dans le but évident de servir les desseins de la France.

Le MNLA revendique l’indépendance au nom du principe du droit des peuples à l’autodétermination.  Le droit des peuples à l’autodétermination (le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes) est reconnu et consacré par le droit international et il a évolué pour donner naissance à un droit à l’indépendance mais exclusivement au bénéfice des peuples soumis à la subjugation, à  la domination ou à l’exploitation étrangères.

L’Azawad n’est pas un territoire consacré sur le plan historique ni même confirmé comme appellation locale d’un terroir géographique.

Ce n’est donc pas un territoire colonial, « soumis à la subjugation, à la domination ou à l’exploitation étrangères ». Jamais dans notre histoire, la zone dite de l’Azawad n’a connu l’existence d’un territoire colonial avec un statut séparé et distinct de celui du territoire de l’Etat qui l’administre. Elle n’est donc pas et n’a jamais été sous occupation étrangère (militaire ou administrative)

Les Touaregs du Mali ne constituent pas un peuple colonisé par une puissance étrangère qui serait le Mali

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes a  un caractère résolument collectif. Il est refusé aux individus. Cela pose le problème de la crédibilité et de la légitimité du MNLA, surtout sa représentativité

Le Mali a toujours reconnu l’existence de toutes les composantes du peuple malien et leur a garanti l’exercice libre et transparent des droits fondamentaux exigés par la démocratie. Aucune revendication ne saurait porter sur la remise en cause de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, mais plutôt sur des problèmes de mal gouvernance.

Sur le plan du droit international, il y’a l’exigence du respect du principe fondamental de l’intégrité territoriale des Etats et non reconnaissance de la sécession parce que, selon la déclaration de 1970 du Comité des droits de l’ONU, celle-ci est « une action qui consista à démembrer totalement ou partiellement, l’intégrité territoriale ou l’unité politique de tout Etat souverain et indépendant ». Or, dès lors qu’un pays accède à l’indépendance, son intégrité, sa souveraineté et son unité sont juridiquement protégées au plan international, parce qu’il est impossibilité juridiquement d’octroyer l’indépendance dans un espace clos, inviolable et intangible.

L’existence d’un régime politique, juridique ou culturel discriminatoire donne à la population du territoire considéré, le statut d’un «  peuple colonial »  ayant vocation à l’indépendance. C’est lorsqu’il est refusé à un groupe défini, un accès réel au gouvernement pour assurer son développement politique, économique, social et culturel que le droit à l’indépendance devient une réalité.

Au Mali, aucun régime politique n’a mis en place un traitement notoirement discriminatoire volontairement infligé au prétendu peuple «  Azawad « sur les plans politique, juridique, économique, social et culturel.

D’autre part, le droit International fait obligation pour tous les Etats de ne pas reconnaître une situation de sécession issue de la force. Toute utilisation de la violence disqualifie la revendication.

Historiquement, l’indépendance des anciennes colonies françaises a été acquise sur la base d’un artifice juridique : C’est après avoir été qualifiées de territoires distincts (Etas autonomes du Soudan, du Sénégal, de la Guinée…) que les colonies ont pu devenir indépendantes, faute de quoi l’indépendance se serait réalisée au détriment de l’intégrité territoriale de l’Etat français.

Au plan interne, la Constitution de 1992 dans son article 25, consacre expressément le principe de l’indépendance de la souveraineté et de l’indivisibilité de la République. Il faut également préciser que la constitution du Mali reconnaît par ailleurs le droit des minorités ou « l’autodétermination interne ».

C’est la reconnaissance du droit pour les minorités au respect de leur identité. Ce droit est déjà garanti par la Constitution du Mali (qui reconnaît et promeut toutes les communautés ethniques) à travers sa politique de décentralisation. Ces droits sont essentiellement de nature culturelle, linguistique ou religieuse. Ils sont protégés à travers des mécanismes d’« autonomie personnelle» ou « territoriale ». La décentralisation est l’expression de la reconnaissance effective des droits démocratiques (de participation et d’autogestion des ressources de leurs territoires ou collectivités territoriales), culturels, linguistiques ou religieux des minorités (c’est-à-dire de toutes les communautés ethniques de toutes les régions du pays).

On peut donc dire que le MNLA n’a aucun droit, ni compétence pour parler d’indépendance, ni même demander une autonomie, un statut particulier, ou un statut quelconque.

Cependant, certains dirigeants maliens, sous de masque trompeurs, épousent les thèses séparatistes du MNLA et de ses parrains extérieurs pour proposer une « République Fédérale » selon un schéma colonial de participation et de désintégration du Mali.

Ces dirigeants se trouvent pour la plupart dans le FDR. Or, le concept de Fédéralisme s’applique à des Etats ou des gouvernements de collectivités se partageant des compétences législatives, juridiques et administratives et délèguent certains de ses pouvoirs à un organisme central dit fédéral (Gouvernement Fédéral).

Une confédération d’Etats est fondée sur un traité international, alors qu’une fédération l’est sur une constitution et une souveraineté.

La confédération laisse un peu plus de liberté à ses membres, mais peut évoluer vers une fédération si l’organisme commun a acquis une forte légitimité.

Concernant la situation du Mali la question du fédéralisme ne se pose nullement.

L’absence de vision  du  Gouvernement,  son  amateurisme  scandaleux  et  son  extrême  légèreté dans  la gestion de la crise politique, institutionnelle et sécuritaire ne laissent aucune marge de manœuvre au pays, pour construire une approche politique et diplomatique en mesure de le prévenir des menaces qui le guettent. La situation est bloquée et il n’existe aucune perspective de solution allant dans le sens du changement souhaité par l’immense majorité des maliens.

Sous la dictée de la CEDEAO et des puissances étrangères notamment la France, le Gouvernement de la Transition dirigé par le Professeur Dioncounda Traoré a précipité notre pays dans la guerre contre les islamistes et a créé les conditions d’une occupation coloniale longue au coût politique et humain particulièrement élevé. Cette occupation n’apportera que malheurs et souffrances pour le Mali et les maliens.  Souvenons  de  l’occupation  de  Haïti  depuis  1992,  par  les  troupes  étrangères  placées  sous  la bannière des Nations-Unies ; celle de la République Démocratique du Congo où il y’a eu plus de 3 millions de morts et des millions de réfugiés et où la guerre civile se poursuit accompagné du pillage des richesses de ce pays ; l’occupation de l’Irak par les troupes américaines qui aura coûté selon l’économiste américain et prix Nobel de la paix Joseph Stieglitz 3000 milliards de dollars US.

Cette somme astronomique aurait pu servir à construire 8 millions d’habitations décentes aux Etats-Unis, ou sur le continent africain, à recruter 15 millions d’enseignants et à permettre un meilleur accès aux soins de santé pour 530 millions d’enfants dans le monde pendant au moins une année ! Elle devrait également assurer des bourses universitaires pour 43 millions d’étudiants de pays au revenu faible et résoudre les problèmes de sécurité sociale aux Etats-Unis même pendant 50 années.

Les Etats-Unis accordent en moyenne par an 5 milliards de dollars d’aide au continent africain soit l’équivalent  du  budget  de  10  jours  de  guerre  en  Irak !  D’ailleurs,  ces  estimations  s’avèreraient  bien inférieures si on y ajoute les coûts du diagnostic, du traitement et des compensations financières pour les vétérans handicapés. Il faudra souligner par ailleurs que plus de 4500 soldats américains ont perdu la vie au cours de ces huit années d’occupation en Irak, sans compter le nombre de blessés et les cas de suicide parmi les soldats rentrés au pays.

Cette occupation n’a pas amélioré la situation sociale et économique du pays où la mortalité infantile a augmenté de 150% depuis 1990, lorsque pour la première fois, les Nations-Unies ont décrété un embargo contre le régime de Saddam Hussein après l’invasion du Koweït par son armée. En 2008, 50% des enfants en âge de fréquenter l’école primaire allaient en classe contre 80% en 2005. Cette même année, les statistiques fournies par des organismes humanitaires intervenant sur le terrain ont établi que le pays comptait  5  millions  d’orphelins  et  près  de  2  millions  de  veuves,  que  2,7  millions  d’irakiens  s’étaient expatriés dont 2,2 millions ont trouvé refuge dans les pays voisins, soit 1 irakien sur 6.

Le Croissant Rouge irakien pour sa part, a estimé que 83% de ces expatriés sont des femmes et des enfants dont la majorité a moins de 12 ans. En 2010, il a souligné que 8 millions d’irakiens ont besoin d’aide humanitaire, que 70% n’ont pas accès à l’eau potable. Le taux de chômage est évalué à 50% officiellement, mais 70% officieusement. Parmi ces chômeurs, 43% d’entre eux vivent dans une extrême pauvreté, 4 millions  souffrent  d’un  manque  de  nourriture  et  plus  de  60%  de  ces  affamés  dépendent  de  l’aide alimentaire et ont accès aux ratios distribués par le système de distribution publique contre 96% il y’a sept ans (7) !

Outre le désastre humain et social que cette invasion a occasionné en Irak, elle a également consacré l’anéantissement de pans entiers de l’histoire de l’humanité. On se souvient des exemples historiques du pillage  de  Constantinople, en 1204 par  les croisés catholiques, de celui  de la  destruction  de Mexico- Tenochtitlan, en 1521 par les Conquistadors espagnols et de la mise à sac de Rome, en 1527 par les troupes de Charles Quint qui restèrent comme les plus importantes marques du déni de la civilisation humaine.

Dans  la  continuité  des  souvenirs  tragiques  de  cette  époque  de  l’humanité,  Bagdad  avait  connu  deux grandes destructions :

–      Celle de 1258 par les Mongols qui ont jeté dans le Tigre 400.000 volumes de la grande bibliothèque Mustansiriya ;

–      Celle de 1401, par d’autres Mongols sous la conduite du terrible Tamerlan, le « boiteux de fer » qui saccagèrent la plus grande somme de richesse culturelle jamais rassemblée.

L’Irak symbolise la région de la Mésopotamie, du Croissant Fertile, des vallées du Tigre et de l’Euphrate et considérée comme le « berceau de l’humanité ». C’est dans cette région que sont apparues les civilisations Akkadiennes, sumériennes, babyloniennes, assyriennes.

L’agriculture, la ville (Babel), l’Etat, l’écriture cunéiforme, la loi (avec le code de Hammourabi), la religion monothéiste, la médecine, l’astronomie, la culture de la canne à sucre, le zéro et les chiffres arabes  y sont nés dans cette région que la bible a désignée comme le paradis terrestre, le « jardin d’Eden » où Dieu a créé la femme, la terre de la légendaire bibliothèque de Ninive de la Tour de Babel et des jardins suspendus de Babylone, considérés par les grecques comme l’une des 7 merveilles de l’univers. L’invasion américaine a fait disparaître les témoignages de toutes ces gloires antiques. En une semaine d’invasion, le plus vieil Etat du monde a vu l’essentiel de ses trésors archéologiques et artistiques pillés sous le regard de soldats américains plus tôt préoccupés à sécuriser le Ministère Irakien du Pétrole ! Les 7 plus grands musées nationaux ont été mis à sac. Les musées d’archéologie à Bagdad, Mossoul, Tikrit ont été dépouillés de plus de 80% de leurs 150.000 pièces. La Bibliothèque Nationale a été incendiée. A ce tableau noir il faut ajouter l’incendie du Musée d’art moderne contenant 7500 objets, du Conservatoire National de Musique, de la Bibliothèque coranique. Par ailleurs, les ruines de Babylone ainsi que plus  de 5000 sites archéologiques ont également été pillés.

Un autre exemple de pays qui a sombré après l’intervention des armées occidentales : La Libye. L’agression militaire de l’OTAN13 a non seulement crée les conditions d’une guerre civile dans ce pays, mais transformé l’ensemble de la région sahélo-saharienne en une poudrière. On signale la disparition de plus d’un million de pièces d’artillerie à tripoli, plus de 100.000 Kalachnikovs et 15.000 missiles sol-air. Les infrastructures économiques ont été détruites afin de créer les conditions pour un marché florissant de la reconstruction évaluée à 470 milliards de dollars US. Ce sont les multinationales des pays ayant participé aux frappes notamment les USA, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie qui se partagent les juteux contrats. Quelques miettes reviendraient aux entreprises turques et qataries en guise de remerciement pour avoir soutenu avec un zèle outré l’intervention militaire. Ainsi, les 200 milliards de dollars de fonds souverains libyens qui sont déjà confisqués par les Etats occidentaux s’avéreraient insuffisants, ce qui signifie que la Libye va sombrer dans la spirale de la dette en faisant appel au FMI.

13. Les chiffres ont été donnés par Madame Louisa Hanoune, Présidente du Parti Algérien des Travailleurs (PTA), lors de la conférence internationale d’urgence contre les guerres d’occupation, l’ ingérence dans les affaires des pays et en défense de l’intégrité et la souveraineté des nations co-organisée par le PTA et l’UGTA et qui s’est tenue à Alger du 10 au 12 décembre 2011 et à laquelle j’ai participé au nom du Parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance) .

2 réponses à to “Une situation politique incertaine dans un contexte geostrategique marque par les convoitises des grandes puissances (Partie VI)”

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Le 15 septembre 2015, une quarantaine de Kamerunais se sont retrouvés au palais des Sports de Yaoundé pour un séminaire sur le thème «la gouvernance électorale et l’alternance démocratique », à l’initiative de l’ONG DYNAMIQUE CITOYENNE et pour la commémoration de la journée internationale de la démocratie.

Alors que le séminaire, dûment déclaré comme le stipule la loi, se déroulait sans incident, après des intimidations successives et infructueuses des gendarmes puis des policiers, le Sous-Préfet de Yaoundé 1er, accompagné d’une escouade d’éléments des forces de l’ordre, a fait irruption dans la salle et intimé aux participants, l’ordre d’arrêter leurs travaux et de quitter les lieux, contre toute base légale.

Devant le refus justifié des participants d’obtempérer à cette injonction arbitraire, le Sous-Préfet et ses hommes en tenue ont fait évacuer la salle de force, avec brutalité, en molestant, en giflant et en frappant sauvagement les participants, leur portant physiquement et psychologiquement atteinte.

Par la suite, six personnes ont été arrêtées et conduites dans les locaux de la GMI à Yaoundé où elles restent jusqu’à la publication du présent communiqué, le 18/09, toujours détenues. Il s’agit de : M. Jean-Marc BIKOKO (le point focal national de Dynamique Citoyenne, Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public), Agnès Adélaïde METOUGOU, BIKOKO Le juste, Jessie BIKOKO, NDJALLA EPANGUE Yves et FOGNO FOTSO François. D’autres sont sous le coup de menaces d’arrestation.

Devant une telle barbarie et devant les atteintes répétitives et de plus en plus graves du régime RDPC et alliés de M. Paul Biya contre les droits humains élémentaires,

Nous militants de l’UPC en Europe,
– protestons vigoureusement contre ce déni des droits de l’homme et de démocratie.
– exigeons la libération immédiate et sans condition de nos compatriotes détenus arbitrairement depuis le 15 septembre et qui n’ont violé aucune loi.
Nous en profitons pour attirer l’attention de nos compatriotes et des amis du Kamerun sur la leçon à retenir de cet épisode inacceptable parmi bien d’autres :

Le régime en fin de règne à Yaoundé ne tolère aucune voix qui ne lui soit pas docile. Toute personne, organisation politique ou de la société civile qui ose déclarer ce qui ne plaît pas à ce régime est arbitrairement et sauvagement réprimée avec la plus grande brutalité.

Nous appelons donc tous nos compatriotes à se battre pour la cause commune que sont le respect des droits de l’homme et la conquête des véritables libertés démocratiques, et ceci au-delà de toute divergence idéologique.

Seule la vigilance, l’engagement ferme, sans faux fuyant ni complaisance contre ces exactions répétées du régime nous conduira à imposer un contexte véritablement démocratique au Kamerun.

Les droits humains et la démocratie n’appartiennent ni au Nord, ni au Sud, ni à l’Est ni à l’Ouest. Ils ne sont ni de l’UPC, ni du SDF, ni du Manidem, ni du CPP, etc.
Ils appartiennent à tous et sont de tous.

Neuf Kamerunais sur dix, toutes régions confondues, sont en permanence victimes des violations de droits humains. A chaque fois qu’un de nos compatriotes quel qu’il soit, sera victime de l’arbitraire, nous devons tous protester et condamner cela avec une extrême vigueur.

En dénonçant chaque cas de violation de nos droits, nous contribuons, chaque jour qui passe, à l’avancée des idéaux démocratiques. 

Le 18 septembre 2015.

Pour les Upécistes d’Europe.
Les Membres du Bureau du Comité Directeur en Europe

René EMEH ELONG
Augusta EPANYA
Moïse ESSOH
Siméon NGIMBOUS BATJOM
Samuel NJUFOM


Déclaration du Parti S.A.DI. sur le coup de force au Burkina Faso
Le Mercredi 16 septembre 2015, aux environs de 14H30, des militaires appartenant au tristement célèbre Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) ont porté une grave atteinte aux institutions de la République et au processus de Transition démocratique mis en place au Burkina-Faso, suite à l’insurrection populaire victorieuse des 30 et 31 octobre 2014 qui a mis fin à 27 années de dictature féroce, de confiscation des libertés démocratiques et de blocage du jeu politique par le CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès) et ses alliés.
Ces usurpateurs indécrottables, sous la conduite du Général Gilbert Diendéré ancien-Chef d’Etat-Major particulier de Blaise Compaoré et ancien commandant du Régiment de Sécurité Présidentielle, après avoir désarmé la garde en faction, ont fait irruption au Palais en plein Conseil des Ministres, se sont saisis du Président de la Transition Michel Kafando, du Premier-Ministre Yacouba Isaac Zida, d’autres membres du Gouvernement de Transition, notamment Réné Bagoro et Augustin Loada, respectivement Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme ; Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale. Ils ont tous été séquestrés et pris en otage au palais.
Pour parachever leur forfait, les éléments du RSP, agissant en parfaite intelligence avec des anciens dignitaires dégénérés du CDP et de leurs milices, ont instauré un climat de terreur dans la capitale à travers le quadrillage des points stratégiques, le déploiement des escadrons de la mort qui pourchassent les manifestants, incendient les domiciles d’opposants, attaquent les radios privées, prennent en otage les journalistes. Le bilan fait état de plusieurs morts et de nombreux blessés.

Le Parti SADI tire les constats suivants :
– Depuis la victoire historique des forces démocratiques du Burkina-Faso, la Communauté Internationale (notamment la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations-Unies) s’est malheureusement illustrée par son ponce-pilatisme et ses nombreuses obstructions à l’aboutissement du processus révolutionnaire de changement et de renouveau enclenchée en octobre au Burkina Faso ;
– Elle a mis en place une Médiation dirigée par le Président Macky SALL, Président en exercice de la CEDEAO dont le résultat a été la constitution d’un attelage hétéroclite et confus d’acteurs dans le but de garder la mainmise sur le Burkina Faso ;
– Ainsi, le Régiment de la Sécurité Présidentielle, symbole vivant de la terreur personnifiée, devait rester en l’état et les principaux piliers du système Compaoré maintenus, la tête hors de l’eau, pour servir au moment opportun ;
– La Cour de Justice de la CEDEAO, contrairement à la Charte africaine qui condamne les modifications constitutionnelles, a ajouté à la confusion en se prononçant dans l’urgence contre le Code Electoral élaboré par la Transition qui a légitimement sanctionné tous ceux qui ont tripatouillé la constitution du pays pour ouvrir la voie royale à la candidature illégale et illégitime de Blaise Compaoré.

Face à la situation qui prévaut au Burkina-Faso et qui pourrait conduire à des affrontements meurtriers, voire même à une guerre civile aux conséquences désastreuses, le Parti SADI :
– Condamne fermement le Coup d’Etat réactionnaire et néocolonial au Burkina Faso ;
– Appelle les forces progressistes maliennes, africaines et internationales à se mobiliser comme un seul homme pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle du Président de la Transition, du Premier-Ministre et des membres du Gouvernement séquestrés ;
– Exige le rétablissement immédiat du Gouvernement de la Transition, des institutions de la République et du processus électoral ;
Condamne les atteintes graves aux libertés individuelles et collectives et exprime son soutien total à la résistance du peuple face aux usurpateurs du Conseil National pour la Démocratie, véritable Commando National de Destruction des acquis démocratiques;
– Vive la résistance du peuple burkinabé ! A bas la restauration ! A bas les usurpateurs ! La lutte continue !
Bamako, le 18 septembre 2015

Pour le Bureau Politique
Le Secrétaire aux Relations Extérieures
Yéhia Ag Mohamed ALI
Ancien Ministre
Officier de l’Ordre National du Mali


Accaparement des terres
Le réseau de communication Kayira, en collaboration avec la Fondation Rosa Luxemburg, a tenu du 14 au 16 août 2015 la 4ème édition des assises de la Gauche malienne. Ces assises ont regroupé les organisations paysannes et certains syndicats. Le thème était : « Les organisations paysannes, les partis et mouvements de Gauche du Mali : quelles perspectives dans un contexte d’accaparement des terres par la bourgeoisie nationale et l’impérialisme ? »
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Je vais vous dire pourquoi je suis ici, avec des mots que j’ai empruntés à un vieux manifeste célèbre. Je suis ici parce que :

Un spectre hante l’Europe – le spectre de la démocratie. Toutes les puissances de la vieille Europe ont conclu une sainte alliance pour exorciser ce spectre: les banquiers parrainés par les États et l’Eurogroupe, la Troïka et le Dr Schäuble, les héritiers de l’héritage politique de Franco, le leadership berlinois du SPD, les gouvernements baltes qui ont soumis leurs populations à une récession terrible et inutile, et l’oligarchie grecque en résurgence. Lire la suite de cette entrée »


Après le 5ème rejet de sa demande de visa par le consulat de l’ambassade de France au Mali, l’honorable Oumar Mariko monte au créneau contre le président de l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères du Mali et l’ambassadeur de France au Mali. Dans l’interview qui suit, il parle aussi des deux attaques, celles de Nara et de Fakola dans le cercle de Kolondiéba.
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