Dr. Oumar Mariko, président du parti Sadi : « Le mouvement démocratique est mort au pouvoir, vaincu par le vol organisé, le mensonge collectif…

Membre de la Convention des Partis Politiques de la Majorité Présidentielle, Président du Parti Solidarité Africaine et l’Indépendance, l’honorable député à l’Assemblée nationale, Dr Oumar Mariko estime que seul le dialogue permettra au peuple Malien de surmonter les défis liés à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale. Nous l’avons eu pour vous. Faites bonne lecture de son entretien.

Le Pouce : Quelle perception faites vous de la situation politique actuelle du Mali ?

Dr Oumar Mariko : « J’ai toujours dit, que 20 ans après l’avènement de la démocratie, je n’étais pas fier des résultats. Quelques éclaircis ne sont pas suffisants pour donner un chèque en blanc à la démocratie étant donné que des sacrifices énormes ont été faits. Quand je vois le comportement des acteurs, je ne suis pas du tout fier. Mais cela ne veut pas dire que je le regrette. Je dois jouer ma partition pour que la situation change. Pour moi, le mouvement démocratique a atteint ses limites. Il est même mort. Il faut applaudir à sa mort. Je vois des gens dire que le mouvement démocratique doit se retrouver. Je prie Dieu qu’ils ne se retrouvent jamais. Parce que s’ils se retrouvent, tels qu’ils se sont comportés, ce n’est pas pour le bonheur du Mali. Je prie Dieu pour qu’il y ait un mouvement révolutionnaire qui se mette en place et qui puisse mettre fin à la troisième république de la démocratie pour engager le Mali vers une 4ème république des vertus basées sur le collectivisme, la reconnaissance du mérite et la sanction de la faute. C’est pour cette 4ème république que je me bats pour sonner le glas de la 3ème république qui a été vaincue au pouvoir par la corruption, les détournements du denier public, le vol organisé, le mensonge collectif, l’extraction poussée de l’économie nationale et la main tendue à l’extérieur comme étant la solution à nos problèmes. Ce que cette démocratie a comme d’intéressant, c’est que nous pouvons parler sans aller en prison, nous pouvons faire des journaux, créer des partis politiques. Il faut arriver à développer tout cela, car il ya des limites. Le mouvement démocratique est mort au pouvoir, vaincu par ces vices. Pour émerger, le Mali a besoin d’un autre type de mouvement pour essuyer définitivement les larmes de ceux qui sont morts dans le combat ou qui sont blessés ».

Le Pouce : Quel commentaire pouvez-vous faire du bilan à mi-parcours du mandat d’IBK ?

Dr Oumar Mariko : « On n’a pas changé. Il y a des coups qu’on donne à gauche et à droite etc. A mon avis, il n’y a pas de vision nationaliste. Cette stratégie manque cruellement. A mi-parcours du mandat du président IBK, je crois que nous sommes tous interpellés. IBK est le premier qui est fortement interpellé. Ensuite, nous, qui nous disons ses soutiens, sommes également interpellés. Cette interpellation se traduit par le fait qu’à un certain moment donné, nous devons tous tirer les enseignements de nos actes ».

Le Pouce : Comment percevez-vous la mise en œuvre de l’accord pour la paix, 08mois après sa signature ?

Dr Oumar Mariko : « D’abord, il faut demander à ceux qui ont cru à l’accord d’Alger. Je n’ai jamais cru à l’accord d’Alger. J’ai toujours salué et félicité le peuple algérien pour avoir reçu à mettre les Maliens à s’assoir ensemble. J’apprécie cette dynamique du peuple algérien. Je les encourage à poursuivre ce processus. Nous avons essayé à la chute d’Amadou Toumani Touré, de tenir une concertation de toutes les forces politiques. Cette concertation a été sabotée par les partis qui se disaient du FDR notamment les Soumaïla Cissé, les Tiébilé Dramé. Nous avons souhaité avec l’avènement d’IBK, qu’on allait faire une concertation des forces acquises au changement. Mais ceux qui sont au pouvoir estiment que cela va écorcher leur légitimité et leur légalité. De ce point de vue, on ne va pas avancer. La question d’avancement de l’accord d’Alger est éminemment et essentiellement politique. Nous ne pouvons pas continuer à être porté par les voisins. L’Algérie a fait ce qu’elle pouvait faire. Mais, nous sommes assis sur quelque chose qui est déjà fragile et qui semble être faux. J’ai toujours dit que nous n’allons pas manifester contre l’accord d’Alger. Nous estimons que l’accord d’Alger n’est pas ce qu’il nous faut au Mali aujourd’hui. Ce qu’il faut en république du Mali, c’est le dialogue. Je demeure convaincu que jusqu’à présent, nous n’avons pas posé la question à ceux qui ont pris les armes contre le Mali, leur propre pays. Il faut qu’ils s’expliquent devant la nation malienne pour dire les motivations réelles de leur acte. Ils ont des comptes à rendre. Il ne s’agit pas d’aller les rattraper, mais il faut qu’ils disent pourquoi, ils ont pris les armes contre le Mali. Ce qui est clair, c’est quand ils vont rendre compte, des politiques vont être interpellés. Ceux qui sont à l’origine de la misère de la population seront connus. C’est de ça qu’ils ont peur. A mon avis, si on accepte de se faire interpeller par son peuple, c’est hautement démocratique. Après, on verra. Il ya des gens qui vont être disqualifié. D’autres seront mis en scène. Les disqualifiés devront en ce moment faire leur mea culpa et une autocritique pour prétendre leur place d’honneur. Ce que je dis, parait rêveur, mais on arrivera à ça, d’une manière ou d’une autre. Parce que, les accords d’Alger comportent beaucoup de choses intéressantes, mais aussi beaucoup d’injustices. L’Accord d’Alger porte même les germes de la dislocation du pays. Comme je suis un acteur et tant que je peux me battre, je garde espoir que les maliens, de manière générale, soient fortement attachés du nord comme au sud, à un destin commun. Je suis convaincu que les Maliens vont trouver le contrat social à établir entre eux pour dépasser la situation. Des forces d’inerties ayant le pouvoir politique et financier qui doivent se mettre en question. Les Maliens comprendront ce qui s’est passé ».

Entretien réalisé par Jean GOÏTA

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Le 15 septembre 2015, une quarantaine de Kamerunais se sont retrouvés au palais des Sports de Yaoundé pour un séminaire sur le thème «la gouvernance électorale et l’alternance démocratique », à l’initiative de l’ONG DYNAMIQUE CITOYENNE et pour la commémoration de la journée internationale de la démocratie.

Alors que le séminaire, dûment déclaré comme le stipule la loi, se déroulait sans incident, après des intimidations successives et infructueuses des gendarmes puis des policiers, le Sous-Préfet de Yaoundé 1er, accompagné d’une escouade d’éléments des forces de l’ordre, a fait irruption dans la salle et intimé aux participants, l’ordre d’arrêter leurs travaux et de quitter les lieux, contre toute base légale.

Devant le refus justifié des participants d’obtempérer à cette injonction arbitraire, le Sous-Préfet et ses hommes en tenue ont fait évacuer la salle de force, avec brutalité, en molestant, en giflant et en frappant sauvagement les participants, leur portant physiquement et psychologiquement atteinte.

Par la suite, six personnes ont été arrêtées et conduites dans les locaux de la GMI à Yaoundé où elles restent jusqu’à la publication du présent communiqué, le 18/09, toujours détenues. Il s’agit de : M. Jean-Marc BIKOKO (le point focal national de Dynamique Citoyenne, Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public), Agnès Adélaïde METOUGOU, BIKOKO Le juste, Jessie BIKOKO, NDJALLA EPANGUE Yves et FOGNO FOTSO François. D’autres sont sous le coup de menaces d’arrestation.

Devant une telle barbarie et devant les atteintes répétitives et de plus en plus graves du régime RDPC et alliés de M. Paul Biya contre les droits humains élémentaires,

Nous militants de l’UPC en Europe,
– protestons vigoureusement contre ce déni des droits de l’homme et de démocratie.
– exigeons la libération immédiate et sans condition de nos compatriotes détenus arbitrairement depuis le 15 septembre et qui n’ont violé aucune loi.
Nous en profitons pour attirer l’attention de nos compatriotes et des amis du Kamerun sur la leçon à retenir de cet épisode inacceptable parmi bien d’autres :

Le régime en fin de règne à Yaoundé ne tolère aucune voix qui ne lui soit pas docile. Toute personne, organisation politique ou de la société civile qui ose déclarer ce qui ne plaît pas à ce régime est arbitrairement et sauvagement réprimée avec la plus grande brutalité.

Nous appelons donc tous nos compatriotes à se battre pour la cause commune que sont le respect des droits de l’homme et la conquête des véritables libertés démocratiques, et ceci au-delà de toute divergence idéologique.

Seule la vigilance, l’engagement ferme, sans faux fuyant ni complaisance contre ces exactions répétées du régime nous conduira à imposer un contexte véritablement démocratique au Kamerun.

Les droits humains et la démocratie n’appartiennent ni au Nord, ni au Sud, ni à l’Est ni à l’Ouest. Ils ne sont ni de l’UPC, ni du SDF, ni du Manidem, ni du CPP, etc.
Ils appartiennent à tous et sont de tous.

Neuf Kamerunais sur dix, toutes régions confondues, sont en permanence victimes des violations de droits humains. A chaque fois qu’un de nos compatriotes quel qu’il soit, sera victime de l’arbitraire, nous devons tous protester et condamner cela avec une extrême vigueur.

En dénonçant chaque cas de violation de nos droits, nous contribuons, chaque jour qui passe, à l’avancée des idéaux démocratiques. 

Le 18 septembre 2015.

Pour les Upécistes d’Europe.
Les Membres du Bureau du Comité Directeur en Europe

René EMEH ELONG
Augusta EPANYA
Moïse ESSOH
Siméon NGIMBOUS BATJOM
Samuel NJUFOM


Déclaration du Parti S.A.DI. sur le coup de force au Burkina Faso
Le Mercredi 16 septembre 2015, aux environs de 14H30, des militaires appartenant au tristement célèbre Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) ont porté une grave atteinte aux institutions de la République et au processus de Transition démocratique mis en place au Burkina-Faso, suite à l’insurrection populaire victorieuse des 30 et 31 octobre 2014 qui a mis fin à 27 années de dictature féroce, de confiscation des libertés démocratiques et de blocage du jeu politique par le CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès) et ses alliés.
Ces usurpateurs indécrottables, sous la conduite du Général Gilbert Diendéré ancien-Chef d’Etat-Major particulier de Blaise Compaoré et ancien commandant du Régiment de Sécurité Présidentielle, après avoir désarmé la garde en faction, ont fait irruption au Palais en plein Conseil des Ministres, se sont saisis du Président de la Transition Michel Kafando, du Premier-Ministre Yacouba Isaac Zida, d’autres membres du Gouvernement de Transition, notamment Réné Bagoro et Augustin Loada, respectivement Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme ; Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale. Ils ont tous été séquestrés et pris en otage au palais.
Pour parachever leur forfait, les éléments du RSP, agissant en parfaite intelligence avec des anciens dignitaires dégénérés du CDP et de leurs milices, ont instauré un climat de terreur dans la capitale à travers le quadrillage des points stratégiques, le déploiement des escadrons de la mort qui pourchassent les manifestants, incendient les domiciles d’opposants, attaquent les radios privées, prennent en otage les journalistes. Le bilan fait état de plusieurs morts et de nombreux blessés.

Le Parti SADI tire les constats suivants :
– Depuis la victoire historique des forces démocratiques du Burkina-Faso, la Communauté Internationale (notamment la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations-Unies) s’est malheureusement illustrée par son ponce-pilatisme et ses nombreuses obstructions à l’aboutissement du processus révolutionnaire de changement et de renouveau enclenchée en octobre au Burkina Faso ;
– Elle a mis en place une Médiation dirigée par le Président Macky SALL, Président en exercice de la CEDEAO dont le résultat a été la constitution d’un attelage hétéroclite et confus d’acteurs dans le but de garder la mainmise sur le Burkina Faso ;
– Ainsi, le Régiment de la Sécurité Présidentielle, symbole vivant de la terreur personnifiée, devait rester en l’état et les principaux piliers du système Compaoré maintenus, la tête hors de l’eau, pour servir au moment opportun ;
– La Cour de Justice de la CEDEAO, contrairement à la Charte africaine qui condamne les modifications constitutionnelles, a ajouté à la confusion en se prononçant dans l’urgence contre le Code Electoral élaboré par la Transition qui a légitimement sanctionné tous ceux qui ont tripatouillé la constitution du pays pour ouvrir la voie royale à la candidature illégale et illégitime de Blaise Compaoré.

Face à la situation qui prévaut au Burkina-Faso et qui pourrait conduire à des affrontements meurtriers, voire même à une guerre civile aux conséquences désastreuses, le Parti SADI :
– Condamne fermement le Coup d’Etat réactionnaire et néocolonial au Burkina Faso ;
– Appelle les forces progressistes maliennes, africaines et internationales à se mobiliser comme un seul homme pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle du Président de la Transition, du Premier-Ministre et des membres du Gouvernement séquestrés ;
– Exige le rétablissement immédiat du Gouvernement de la Transition, des institutions de la République et du processus électoral ;
Condamne les atteintes graves aux libertés individuelles et collectives et exprime son soutien total à la résistance du peuple face aux usurpateurs du Conseil National pour la Démocratie, véritable Commando National de Destruction des acquis démocratiques;
– Vive la résistance du peuple burkinabé ! A bas la restauration ! A bas les usurpateurs ! La lutte continue !
Bamako, le 18 septembre 2015

Pour le Bureau Politique
Le Secrétaire aux Relations Extérieures
Yéhia Ag Mohamed ALI
Ancien Ministre
Officier de l’Ordre National du Mali


Accaparement des terres
Le réseau de communication Kayira, en collaboration avec la Fondation Rosa Luxemburg, a tenu du 14 au 16 août 2015 la 4ème édition des assises de la Gauche malienne. Ces assises ont regroupé les organisations paysannes et certains syndicats. Le thème était : « Les organisations paysannes, les partis et mouvements de Gauche du Mali : quelles perspectives dans un contexte d’accaparement des terres par la bourgeoisie nationale et l’impérialisme ? »
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Je vais vous dire pourquoi je suis ici, avec des mots que j’ai empruntés à un vieux manifeste célèbre. Je suis ici parce que :

Un spectre hante l’Europe – le spectre de la démocratie. Toutes les puissances de la vieille Europe ont conclu une sainte alliance pour exorciser ce spectre: les banquiers parrainés par les États et l’Eurogroupe, la Troïka et le Dr Schäuble, les héritiers de l’héritage politique de Franco, le leadership berlinois du SPD, les gouvernements baltes qui ont soumis leurs populations à une récession terrible et inutile, et l’oligarchie grecque en résurgence. Lire la suite de cette entrée »


Après le 5ème rejet de sa demande de visa par le consulat de l’ambassade de France au Mali, l’honorable Oumar Mariko monte au créneau contre le président de l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères du Mali et l’ambassadeur de France au Mali. Dans l’interview qui suit, il parle aussi des deux attaques, celles de Nara et de Fakola dans le cercle de Kolondiéba.
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