Interview de l’avocat de Seif El Islam Kadhaffi Maitre Marcel Caccaldi.

Me Marcel Caccaldi, Avocat au Barreau de Paris : « L’Afrique paye aujourd’hui les conséquences de l’intervention de l’Otan en Libye»
23 Juil 2016

Me Marcel Caccaldi, Avocat au Barreau de Paris : « L’Afrique paye aujourd’hui les conséquences de l’intervention de l’Otan en Libye»
Avocat émérite au Barreau de Paris et anciens Secrétaire de Conférence, Me Marcel Ceccaldi, est aussi l’avocat de Seif El Islam Kadhafi. En transit à Bamako pour Conakry, la capitale guinéenne, Me Marcel s’est prêté aux questions de FAMA COM, une Agence de Communication que dirige notre confrère Alassane DIARRA. Au cours de l’interview qui suite l’Avocat aborde, analyse et commente le dossier judiciaire de Seif El Islam Kadhafi et par ricochet la révolution libyenne. Ainsi, il s’apprend à la communauté internationale et rend celle-là responsable de l’insécurité du monde. Le Tribunal Pénal Internationale (TPI) et la Cour Pénale Internationale (CPI) n’échappent pas également aux critiques de Me Marcel Ceccaldi qui, par ailleurs, invite l’Union africaine créée une chambre criminelle ad hoc ou permanente ce qui permettra de mettre fin à cette comédie judiciaire que représente la Cour pénale internationale. «Il faut rétablir l’ordre et la sécurité en Libye sinon le nord du Mali ne sera jamais stable, sinon le risque de contagion risque d’atteindre d’autre pays. On a vu au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, le Sénégal même est menacé tout comme le nord de la Guinée», pense l’avocat.

Me, nous avons appris, depuis quelques jours, via les médias internationaux, la libération de Seif El Islam Kadhafi qui remonterait déjà en avril dernier. Comment se fait-il qu’une information si capitale ait été jusque-là tenue secrète ?

Ce n’est pas une information qui a été dissimulée, c’est le Parlement de Tobrouk, le seul reconnu par la communauté internationale qui a voté au mois d’avril une loi amnistie qui est entrée en application le 27 juin, il n’ya rien d’extraordinaire à cela, dans la mesure où le parlement de Tobrouk a usé de ses prérogatives. Chaque Assemblée nationale, chaque parlement d’un Etat qu’il soit est qu’à même de promulguer une loi d’amnistie.

En tant qu’avocat de Seif El Islam Kadhafi, pouvez-vous nous dire comment cette libération est intervenue ?

Ce qui est important, ce qu’il n’ya une pièce de justice sur le territoire libyen qui soit applicable à Saïd El Islam Kaddafi. Reste en l’Etat la Cour pénale internationale, mais nous allons revenir au rôle que joue la cour pénale internationale. A supposé que cette juridiction soit une véritable juridiction de jugement et non pas une juridiction d’exception comme elle est.

Après cette libération, Saïf Al-Islam restera-t-il poursuivi par le Tribunal Pénal International (TPI) qui souhaite, depuis 2014, son extradition à la Haye afin de le juger pour «crimes contre l’humanité», ce que la justice libyenne avait refusé d’accorder, affirmant qu’elle était juridiquement compétente pour juger cette affaire emblématique.

Votre question est intéressante, parce qu’elle pose le rôle de la Cour pénale internationale, je vous rappelle que tout d’abord un premier mandat avait été délibéré par le bureau de la Cour pénale internationale en 2011 qui était à l’époque M Morano Campo, vous savez ce procureur de la Cour pénale internationale, danseur de Tango argentin, avait délivré un mandat d’arrêt contre Mohammar Kaddaffi, Saïl El Islam aussi et Abdel Senoussi. Ensuite la justice libyenne avait été saisie du cas Abdala Senoussi et de Saïf El Islam, la justice libyenne considérait qu’elle avait la volonté qu’’elle était apte à juger Saïf El Islam, comme elle est apte à le faire avec Abdalah Senoussi. Je vous rappelle que pour les mêmes faits et s’agissant de la même procédure, la Cour pénale a décidé que la justice libyenne était apte à juger Abdalah Senoussi par contre, elle a estimé que Saif El Islam devait lui être transféré, il faut avouer que c’est une curieuse procédure celle-ci. C’est une procédure d’exception parce que la cour pénale internationale n’est pas une cour de justice, c’est une juridiction d’exception.

D’aucuns disent que la libération de Saïf El islam est une libération de fait, qu’il serait en résidence surveillée quand n’est-il?

Je vais revenir d’abord sur la Cour pénale internationale, je vous rappelle que Mme Fatou Bensouda, actuelle Procureur de la Cour pénale internationale, ancienne ministre de la justice de la Gambie. Je ne dirais rien sur le fonctionnement de la justice dans ce pays, Mme Bensouda s’est réveillée au mois de mai 2016, le 25 mai 2016 exactement, elle s’est souvenu que Saïf El Islam existait, elle s’en est souvenue devant le Conseil de sécurité, c’est en réalité une réponse à la loi d’amnistie votée par le parlement de Tobrouk, le 27 avril. Mais je vous rappelle ce qui est le plus important, c’est lorsque le mandat d’arrêt a été délivré contre Saïf El islam. Pour quelle raison ce mandat d’arrêt a été délivré ? quand vous preniez les conditions de la mise en œuvre de la poursuite de la cour pénale internationale en vertu de ces déclarations incendiaires. En réalité au moment des événements, il faut reprendre la chronologie des faits, les premières grèves éclatent le 15 janvier, on était à l’époque dans un mouvement de contestation sociale traditionnelle des mesures ont été prises à l’époque par le gouvernement notamment la baisse des prix des produits d’importations, une aide supplémentaire de 250 euro a été attribué aux libyens, à partir du 15 février on passe d’un mouvement de contestation sociale en rébellion armée. C’est le 15 février qu’un kamikaze s’explose dans une caserne de Bengazi ce qui permet aux rebelles de cerner. Le 16 février, Mohammar Kaddafi dans un geste de bonne volonté libère 110 prisonniers islamistes qui vont bien entendus tout de suite basculer dans la rébellion. Le 17 février Bengahzi tombe aux mains des rebelles. Les partisans de Kadaffi sont pourchassés, lynchés, égorgés dans des conditions abominables et atroces. Dans une déclaration à la télévision Saïf El Islam appelle au calme. Que si le calme ne revennait pas des rivières de sang vont se déverser sur la Libye. Les faits lui ont donné raison. Mais on s’interroge qui a manipulé cette déclaration, c’est la chaine qatarie El Jazeera. Il ya un véritable bidadage de cette déclaration, le même bidadage qui a conduit à la première guerre du Golf. A l’poque, la fille de l’ambassadeur du Koweit se présentant lors d’une conférence de presse comme une infirmière venant annoncer que les soldats irakiens avaient tué des bébés prématurés dans une clinique. Le même bidonage souvenez-vous concernant les armes de destruction massive détenu par Saddam Hussein. Nous sommes dans le cadre d’une véritable manipulation de l’opinion qui permet aux grandes puissances d’intervenir.

Plus concrètement, il est en liberté ou en résidence surveillée ?

D’abord, il faut se préoccuper de sa sécurité, vous connaissez la situation en Libye qui depuis l’intervention de l’Otan est plongé dans le chaos. Donc la première règle, s’est préservé sa sécurité.

D’autres membres de la famille Kadhafi sont-ils toujours en détention ? Si oui, peut-on espérer qu’ils bénéficient eux-aussi de mesures d’élargissement par les milices qui les détiennent ?

Ce volet est compliqué, parce que vous avez Saïdi Kaddafi qui et le frère Saïf El Islam, je vous rappelle que la famille de Kaddafi a été décimée au cours de cette guerre. Puisque un fils de kaddafi a vu sa maison bombardée par un drone par les troupes de l’OTAN, c’était un bombardement ciblé pour le tué. Cet acte est un homicide passible de la Cour pénale internationale. Parce qu’il est mort avec ses trois enfants mineurs. Vous avez Kamiss, un jeune officier qui est tombé pendant qu’il était à la tête de ses troupes. Vous avez Motadem Kadaffi, qui a été tué au moment où il a été arrêté avec son père par les milices de Misrata. La décision concernant Saïdi kaddafi dépend de Tripoli et non pas de Tobrouk. Ce que je peux vous dire, c’est que Tripoli a décidé de libérer six personnes qui avaient fait l’objet de procès dans le cadre de la procédure engagée contre Saïf El islam, alors on peut espérer pour les autres accusés bénéficient les mêmes avantages très bientôt.

Certains pensent que cette libération procède de la volonté du gouvernement d’union nationale d’aller vers une réconciliation nationale ?

Ecouter, si tel est le cas je m’en félicite. Car je retiens d’abord que cette libération est d’abord une décision du parlement de Tobrouk. Vous avez vu les conséquences de l’intervention de l’Otan, l’Afrique est en première ligne. L’Afrique paye aujourd’hui les conséquences de cette intervention et en particulier le Mali, la situation au nord du Mali est la conséquence directe de cette intervention, les soldats maliens, les gendarmes maliens qui tombent sont les victimes de l’intervention de l’Otan en Libye, il faut le dire, il faut le répéter. Bien, depuis l’intervention de l’Otan, deux millions de Libyens sur une population de six millions d’habitants ont quitté ce pays. Vous ne pouvez pas bâtir un gouvernement d’union nationale, ou d’entente nationale, qu’à condition que tous les courants de la société libyenne soient représentée et personne ne niera que Saïf El Islam représente un de ses courants.

Alors cette libération n’est –elle pas une mauvaise nouvelle pour la droite française dont le chef file actuel Nicolas Sarkozy aurait été abondamment financé par les Kaddafis.

Ecouter c’est une mauvaise nouvelle pour l’ensemble de la classe politique parce que je vous rappelle que l’intervention de la France, de l’Otan en Libye a été aussi appuyée et saluée par le parti socialiste dont François Hollande en sa qualité de Premier secrétaire, c’était l’unanimité. C’est la classe politique dans son ensemble qui est responsable de cette situation. Mais maintenant, il joue aux pompiers pyromanes, on a mis le feu, on essaye déteindre l’incendie et le meilleur moyen déteindre l’incendie, c’est d’abord de reconnaitre ces fautes.

Me Vous pensez que votre client peut toujours un rôle de premier plan dans la vie politique de son pays ?

D’abord il a beaucoup muri des épreuves de sa détention, qui lui a permis de faire des étapes de réflexions, une introspection sur lui-même et sur els événements. Il représente un courant important de la société libyenne, c’est clair. Je vous rappelle que le Conseil représentatif des tributs libyennes avaient demandé dès le mois de janvier 2016 sa libération. Et vous savez quelle est l’importance des tributs en Libye. A partir du moment où il retrouve sa liberté de mouvement, de parole, je suis convaincu c’est un élément important quant à la restauration d’une paix durable dans ce pays.

La libération du fils de Kaddafi n’est pas exempt d’arrière-pensée de la part du gouvernement d’union nationale qui serait intéressé à trouver les traces de la fortune de l’ancien Reich, des fortunes que certains estiment colossales. Qu’en est-il ?

L’affaire libyenne, c’est le hold up du siècle, parce que vous avez dans les banques des Etats membres de la coalition les réserves d’or, des devises qui appartiennent à la Libye. Je vous donne un exemple, depuis 2011, la banque de France a de l’or libyen, la banque de France a des comptes en devise libyenne, ce qui permet à la France d’emprunter au jour le jour sur le marché financier. Mais il en est ainsi à Londres, à Genève, Berlin, Vienne. C’est le hold-up du siècle. Quant au reste, il y a eu un comité des Nations Unies, ce comité n’a pas produit de rapport, sinon, il allait mettre au grand jour le montant exact des sommes que les nations occidentales membres de la coalition armée se sont appropriées en Libye.

Comment vous voyez l’avenir de la Libye dont une grande partie du territoire est sous le contrôle de l’Etat islamique ?

La situation est loin d’être rétablie. On vous parle de Syrte. Mais il y a bien longtemps que Daech a quitté Syrte. Il avait préparé cette offensive menée par les milices de de Misrata qui sont le bras armé des frères musulmans, financés par le Qatar. C’est-à-dire ma main gauche ignore, ce que ma main droite fait. Ils ont déjà essaimé en Libye, vous avez vu les attaques en répétition en Tunisie, le borgne qui sévit au nord du Mali, il circule librement entre le sud libyen et Tripoli. Au mois de décembre dernier on savait qu’il était en Tripoli. Vous voyez que les Nations de l’Otan sont très gênés, car si vous décidé de mette en ordre les choses, de donner les moyens aux forces démocratiques libyennes qui peuvent être représenté par plusieurs courants, il s’agit du général Aftar, le courant de Saïf El Islam et d’autres courants, vous devez admettre que votre intervention armée est la conséquence de cette situation. Il faut rétablir l’ordre et la sécurité en Libye sinon le nord du Mali ne sera jamais stable, sinon le risque de contagion risque d’atteindre d’autres pays. On a vu au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, le Sénégal même est menacé tout comme le nord de la Guinée.

Que pensez de la CPI ?

Je voudrais, concernant la cour Pénale internationale, qu’on mette fin à cette imposture, je vous rappelle qu’elle a été saisie par le Conseil de sécurité au titre du chapitre 7, le conseil de sécurité a le pouvoir de lui demandé de suspendre son enquête et la procédure. Quand vous constater de telles dérives de la part de la Cour pénale internationale, vous constatez d’ailleurs qu’elle ne poursuit que des responsables des faits commis sur le continent africain personne d’autres. Il faut mettre un terme à cette situation. La Libye est membre de l’union africaine, que l’Union africaine créée une cour criminelle compétente cela montrera que les Etats africains ont la volonté et l’aptitude de juger les crimes et délits commis sur le territoire de l’union africaine. Avec le procès Hussein Habré l’Afrique a montré ses capacités à juger. Il faut que l’Union africaine créée une chambre criminelle ad hoc ou permanente ce qui permettra de mettre fin à cette comédie judiciaire que représente la Cour pénale internationale.

Source : Les Echos du 14 juillet 2016

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Le 15 septembre 2015, une quarantaine de Kamerunais se sont retrouvés au palais des Sports de Yaoundé pour un séminaire sur le thème «la gouvernance électorale et l’alternance démocratique », à l’initiative de l’ONG DYNAMIQUE CITOYENNE et pour la commémoration de la journée internationale de la démocratie.

Alors que le séminaire, dûment déclaré comme le stipule la loi, se déroulait sans incident, après des intimidations successives et infructueuses des gendarmes puis des policiers, le Sous-Préfet de Yaoundé 1er, accompagné d’une escouade d’éléments des forces de l’ordre, a fait irruption dans la salle et intimé aux participants, l’ordre d’arrêter leurs travaux et de quitter les lieux, contre toute base légale.

Devant le refus justifié des participants d’obtempérer à cette injonction arbitraire, le Sous-Préfet et ses hommes en tenue ont fait évacuer la salle de force, avec brutalité, en molestant, en giflant et en frappant sauvagement les participants, leur portant physiquement et psychologiquement atteinte.

Par la suite, six personnes ont été arrêtées et conduites dans les locaux de la GMI à Yaoundé où elles restent jusqu’à la publication du présent communiqué, le 18/09, toujours détenues. Il s’agit de : M. Jean-Marc BIKOKO (le point focal national de Dynamique Citoyenne, Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public), Agnès Adélaïde METOUGOU, BIKOKO Le juste, Jessie BIKOKO, NDJALLA EPANGUE Yves et FOGNO FOTSO François. D’autres sont sous le coup de menaces d’arrestation.

Devant une telle barbarie et devant les atteintes répétitives et de plus en plus graves du régime RDPC et alliés de M. Paul Biya contre les droits humains élémentaires,

Nous militants de l’UPC en Europe,
– protestons vigoureusement contre ce déni des droits de l’homme et de démocratie.
– exigeons la libération immédiate et sans condition de nos compatriotes détenus arbitrairement depuis le 15 septembre et qui n’ont violé aucune loi.
Nous en profitons pour attirer l’attention de nos compatriotes et des amis du Kamerun sur la leçon à retenir de cet épisode inacceptable parmi bien d’autres :

Le régime en fin de règne à Yaoundé ne tolère aucune voix qui ne lui soit pas docile. Toute personne, organisation politique ou de la société civile qui ose déclarer ce qui ne plaît pas à ce régime est arbitrairement et sauvagement réprimée avec la plus grande brutalité.

Nous appelons donc tous nos compatriotes à se battre pour la cause commune que sont le respect des droits de l’homme et la conquête des véritables libertés démocratiques, et ceci au-delà de toute divergence idéologique.

Seule la vigilance, l’engagement ferme, sans faux fuyant ni complaisance contre ces exactions répétées du régime nous conduira à imposer un contexte véritablement démocratique au Kamerun.

Les droits humains et la démocratie n’appartiennent ni au Nord, ni au Sud, ni à l’Est ni à l’Ouest. Ils ne sont ni de l’UPC, ni du SDF, ni du Manidem, ni du CPP, etc.
Ils appartiennent à tous et sont de tous.

Neuf Kamerunais sur dix, toutes régions confondues, sont en permanence victimes des violations de droits humains. A chaque fois qu’un de nos compatriotes quel qu’il soit, sera victime de l’arbitraire, nous devons tous protester et condamner cela avec une extrême vigueur.

En dénonçant chaque cas de violation de nos droits, nous contribuons, chaque jour qui passe, à l’avancée des idéaux démocratiques. 

Le 18 septembre 2015.

Pour les Upécistes d’Europe.
Les Membres du Bureau du Comité Directeur en Europe

René EMEH ELONG
Augusta EPANYA
Moïse ESSOH
Siméon NGIMBOUS BATJOM
Samuel NJUFOM


Déclaration du Parti S.A.DI. sur le coup de force au Burkina Faso
Le Mercredi 16 septembre 2015, aux environs de 14H30, des militaires appartenant au tristement célèbre Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) ont porté une grave atteinte aux institutions de la République et au processus de Transition démocratique mis en place au Burkina-Faso, suite à l’insurrection populaire victorieuse des 30 et 31 octobre 2014 qui a mis fin à 27 années de dictature féroce, de confiscation des libertés démocratiques et de blocage du jeu politique par le CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès) et ses alliés.
Ces usurpateurs indécrottables, sous la conduite du Général Gilbert Diendéré ancien-Chef d’Etat-Major particulier de Blaise Compaoré et ancien commandant du Régiment de Sécurité Présidentielle, après avoir désarmé la garde en faction, ont fait irruption au Palais en plein Conseil des Ministres, se sont saisis du Président de la Transition Michel Kafando, du Premier-Ministre Yacouba Isaac Zida, d’autres membres du Gouvernement de Transition, notamment Réné Bagoro et Augustin Loada, respectivement Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme ; Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale. Ils ont tous été séquestrés et pris en otage au palais.
Pour parachever leur forfait, les éléments du RSP, agissant en parfaite intelligence avec des anciens dignitaires dégénérés du CDP et de leurs milices, ont instauré un climat de terreur dans la capitale à travers le quadrillage des points stratégiques, le déploiement des escadrons de la mort qui pourchassent les manifestants, incendient les domiciles d’opposants, attaquent les radios privées, prennent en otage les journalistes. Le bilan fait état de plusieurs morts et de nombreux blessés.

Le Parti SADI tire les constats suivants :
– Depuis la victoire historique des forces démocratiques du Burkina-Faso, la Communauté Internationale (notamment la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations-Unies) s’est malheureusement illustrée par son ponce-pilatisme et ses nombreuses obstructions à l’aboutissement du processus révolutionnaire de changement et de renouveau enclenchée en octobre au Burkina Faso ;
– Elle a mis en place une Médiation dirigée par le Président Macky SALL, Président en exercice de la CEDEAO dont le résultat a été la constitution d’un attelage hétéroclite et confus d’acteurs dans le but de garder la mainmise sur le Burkina Faso ;
– Ainsi, le Régiment de la Sécurité Présidentielle, symbole vivant de la terreur personnifiée, devait rester en l’état et les principaux piliers du système Compaoré maintenus, la tête hors de l’eau, pour servir au moment opportun ;
– La Cour de Justice de la CEDEAO, contrairement à la Charte africaine qui condamne les modifications constitutionnelles, a ajouté à la confusion en se prononçant dans l’urgence contre le Code Electoral élaboré par la Transition qui a légitimement sanctionné tous ceux qui ont tripatouillé la constitution du pays pour ouvrir la voie royale à la candidature illégale et illégitime de Blaise Compaoré.

Face à la situation qui prévaut au Burkina-Faso et qui pourrait conduire à des affrontements meurtriers, voire même à une guerre civile aux conséquences désastreuses, le Parti SADI :
– Condamne fermement le Coup d’Etat réactionnaire et néocolonial au Burkina Faso ;
– Appelle les forces progressistes maliennes, africaines et internationales à se mobiliser comme un seul homme pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle du Président de la Transition, du Premier-Ministre et des membres du Gouvernement séquestrés ;
– Exige le rétablissement immédiat du Gouvernement de la Transition, des institutions de la République et du processus électoral ;
Condamne les atteintes graves aux libertés individuelles et collectives et exprime son soutien total à la résistance du peuple face aux usurpateurs du Conseil National pour la Démocratie, véritable Commando National de Destruction des acquis démocratiques;
– Vive la résistance du peuple burkinabé ! A bas la restauration ! A bas les usurpateurs ! La lutte continue !
Bamako, le 18 septembre 2015

Pour le Bureau Politique
Le Secrétaire aux Relations Extérieures
Yéhia Ag Mohamed ALI
Ancien Ministre
Officier de l’Ordre National du Mali


Accaparement des terres
Le réseau de communication Kayira, en collaboration avec la Fondation Rosa Luxemburg, a tenu du 14 au 16 août 2015 la 4ème édition des assises de la Gauche malienne. Ces assises ont regroupé les organisations paysannes et certains syndicats. Le thème était : « Les organisations paysannes, les partis et mouvements de Gauche du Mali : quelles perspectives dans un contexte d’accaparement des terres par la bourgeoisie nationale et l’impérialisme ? »
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Je vais vous dire pourquoi je suis ici, avec des mots que j’ai empruntés à un vieux manifeste célèbre. Je suis ici parce que :

Un spectre hante l’Europe – le spectre de la démocratie. Toutes les puissances de la vieille Europe ont conclu une sainte alliance pour exorciser ce spectre: les banquiers parrainés par les États et l’Eurogroupe, la Troïka et le Dr Schäuble, les héritiers de l’héritage politique de Franco, le leadership berlinois du SPD, les gouvernements baltes qui ont soumis leurs populations à une récession terrible et inutile, et l’oligarchie grecque en résurgence. Lire la suite de cette entrée »


Après le 5ème rejet de sa demande de visa par le consulat de l’ambassade de France au Mali, l’honorable Oumar Mariko monte au créneau contre le président de l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères du Mali et l’ambassadeur de France au Mali. Dans l’interview qui suit, il parle aussi des deux attaques, celles de Nara et de Fakola dans le cercle de Kolondiéba.
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